L’indice de développement humain de Madagascar est l’un des plus faibles au monde classé 158 ème sur 189 pays au (PNUD 2018). Le PIB par habitant est de 479 dollars (banque mondiale 2019) et 50 % des enfants de moins de 5 ans souffrent de malnutrition chronique (WFP 2019). L’île affronte régulièrement les effets des catastrophes naturelles et des flambées épidémiques régulières paralysent le système de santé et du social.

 

Les indicateurs d’évaluation de l’état de santé de la population mettent en évidence une grande précarité : 60% des habitants vivent sans eau potable, 54% de la population se trouve à plus de 5 km d’un centre de santé primaire (Intra Health International, 2013). Ces chiffres reflètent une pauvreté et une insécurité alimentaire qui favorisent les maladies et compromettent l’accès aux soins pour la population, spécialement la population vivant dans les zones les plus reculées du pays.

En 2009, l’association signe une convention de partenariat avec le Ministère de la Santé Publique et la Faculté de Médecine d’Antananarivo. Ce partenariat s’est traduit par la mise en place d’un projet qui vise l’amélioration de la prise en charge de la douleur, de la souffrance et des symptômes de fin de vie des patients usagers du système national de santé. Des formations continue ont donc été mise en place avec le centre hospitalier universitaire Hôpital Joseph Ravoahangy Andrianavalona (CHU JRA) puis dans d’autres CHUs partenaires de la région Analamanga, Atsinanana et Boeny. La création d’un service de suivi à domicile spécialisé dans la PEC de la douleur et des soins palliatifs et fin de vie permet un suivi des patients vulnérables à domicile limité à l’agglomération d’Antananarivo.

 

S’ajoute à cela la mise en place d’un diplôme universitaire de prise en charge de la douleur pour les praticiens. 

Développement du Centre National de Lutte contre la Douleur (CNLD) – Antananarivo

 

Créé par DSF en 2015 et situé dans l’hôpital Centre Hospitalier Universitaire Joseph Ravoahangy Andrianavalona, le CNLD est composé d’une équipe pluridisciplinaire de médecins, paramédicaux et assistantes sociales. Les activités déployées par le CNLD se réalisent tant en intra-hospitalier qu’au domicile de patients douloureux et/ou en fin de vie.

Les activités qui y sont menées y sont notamment :

• Consultations douleur en externe, menées par notre équipe et proposant une prise en charge médicale adaptée aux besoins du patient.

• Équipe mobile en intra hospitalier, visant à accompagner les professionnels de santé des différents services, dans l’évaluation et la prise en charge de la douleur, directement au lit du patient.

• Écoutes psychosociales, destinées au patient et/ou à son entourage direct, lorsqu’une souffrance est détectée.

• Suivi des délivrances d’antalgiques de palier 3 de l’OMS

• Accompagnement des professionnels de santé et du social des établissements partenaires.

 

Développement des unités de lutte contre la douleur en province – Toamasina et Mahajanga

 

Depuis 2015, dans les régions Atsinanana et Boeny, un travail de renforcement a été effectué dans les CHUs, tant en termes de ressources humaines que d’approfondissement des connaissances des équipes, auprès des professionnels de santé des CHUs d’intervention de Toamasina et de Mahajanga avec deux unités antidouleur opérationnelle.

 

Développement des techniques non-médicamenteuses

 

Efficaces et souvent peu onéreuses, les techniques non-médicamenteuses permettent aux patients de bénéficier de moyens antalgiques, pour prévenir les douleurs induites ou lors de douleurs chroniques. Ces techniques sont utilisées seules ou en complément de traitements antalgiques.

3 techniques ont été exploitées cette année : l’hypnose, la distraction et la neurostimulation électrique transcutanée (TENS).

 

En 2019, en prolongement des projets précédents s’ouvre une troisième phase axée sur le renforcement des capacités se terminant en 2022, avec à terme l’ambition de laisser une entière autonomie aux acteurs de santé du pays sur la prise en charge de la douleur et des soins palliatifs.

Prévention et lutte contre la pandémie COVID-19 : DSF Madagascar s’associe à Humanité & Inclusion et SOS Village d’Enfants pour répondre aux besoins sanitaires et sociaux des personnes les plus vulnérables. Le projet MITEHAFA (MIaro Tena aho, ho fi arovako ny HAFA ou en français « En me protégeant, je protège les autres») a débuté en Mai 2020 afin de lutter contre la pandémie de la COVID-19 qui a déferlé sur Madagascar. Cet objectif a été mené de front avec l’ensemble des membres du Consortium et s’est déroulé à plusieurs niveaux : au niveau communautaire et auprès des ménages pour les sensibilisations et pour la réponse de protection sociale et économique; au niveau hospitalier pour le soutien psychologique et les soins palliatifs; au niveau structurel afin de renforcer la résilience de certains acteurs à se préparer à affronter les suites de la pandémie, en vue notamment d’être en capacité de rebondir face à une potentielle seconde crise.