Haïti

EN QUELQUES CHIFFRES

EN 2020

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de budget
0
Personnes sensibilisées sur la prise en charge psychologique en période de Covid à travers les Live Facebook
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Consultations douleurs effectuées dans les unités douleurs
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Patients pris en charge dans le cadre des consultations douleurs
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Professionnels de santé ayant reçu une formation en matière de prise en charge psychosociale des patients dans les centres de traitement Covid-19 et autres structures
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Personnes ont eu recours à la cellule d’écoute téléphonique

Douleurs Sans Frontières (DSF) agit depuis 2010 afin de renforcer le système de santé haïtien, en menant diverses activités telles que la prise en charge de la douleur de patients atteints de douleurs chroniques ou en situation de soin palliatif, ainsi que la sensibilisation et la formation d’étudiants, de professionnels et d’agents communautaires sur les problématiques liées à la douleur.

Il n’y a pas d’autres organismes ou de dispositifs institutionnels qui mettent la prise en charge (PEC) de la douleur et les soins palliatifs (SP) pour les personnes en fin de vie au cœur de leurs interventions en Haïti. Dans le cadre de programmes nationaux de PEC des maladies infectieuses ou de SRM, certaines structures de soins et ONG (PEPFAR dans les hôpitaux, MSFMdM, etc.) soutiennent des actions qui comprennent des volets douleur et SP. D’autres organismes comme le centre Gheskio accordent beaucoup d’importance aux SP mais les interventions sont ciblées pour les personnes vivant avec le VIH/SIDA en particulier.

La démarche de DSF est, quant, à elle transversale, interdisciplinaire et périphérique. La PEC de la douleur est centrale pour DSF car elle touche toutes les personnes, de tout âge et est présente dans la plupart des pathologies. De plus, DSF s’intéresse tout particulièrement aux douleurs chroniques et aux douleurs neuropathiques qui sont souvent mal connues et donc mal traitées en Haïti. Les professionnels de santé sont souvent impuissants face à la douleur de leurs patients et sont en demande de connaissances et de traitements pour améliorer la PEC de leurs patients. La PEC des douleurs chroniques[1] est d’autant plus importante en Haïti car la prévalence des pathologies chroniques (neuropathies diabétiques, cancers, migraines et céphalées, douleurs chroniques post-traumatiques, etc.) est très élevée au point que selon le PSNSRR 2018-2022[2] : « Haïti a la plus forte incidence déclarée de cancer du col utérin dans n’importe quel pays du monde, avec 94 cas pour 100 000 habitants. Le cancer du col de l’utérus est la principale cause de décès par cancer chez les femmes haïtiennes, avec environ 1 500 décès par an. » Pour garantir une PEC efficace des patients douloureux chroniques dans les années à venir, les professionnels de santé haïtiens doivent avoir accès à des informations et à une formation de qualité, ce à quoi DSF travaille, avec ses partenaires, depuis une dizaine d’années.

[1] La douleur chronique évolue dans le temps et est « un phénomène pluridimensionnel somatique et psychosocial » dont les effets sur la vie des patients peuvent être très négatifs. La douleur chronique est « source d’incapacité et de handicap, affecte l’humeur, le sommeil, les rapports sociaux, la qualité de vie du patient, et limite les activités professionnelles et domestiques.

[2] Plan Stratégique National de Santé Sexuelle et Reproductive 2018-2022, Direction de la Santé de la Famille, MSPP, janvier 2018, p.18

Contexte géopolitique

Caractérisé par un climat sécuritaire alarmant, Haïti rencontre de nombreux troublesHaïti : Le social pris au piège de la politique et de l'humanitaire, par Woody Edson Louidor | Changement de société sociaux et politiques. En effet, ces dernières années, la pénurie et la montée des prix des biens essentiels ont engendré de multiples manifestations. Actuellement, la prolifération de la microcriminalité due à la multiplication des gangs et des enlèvements, ainsi que le refus du président d’organiser de nouvelles élections après son mandat le 7 février 2021, font d’Haïti le théâtre d’évènements particulièrement violents. Haïti est également un pays particulièrement vulnérable face aux catastrophes naturelles (séismes, ouragans/tempêtes tropicales) ainsi qu’aux épidémies. En 2010, un séisme d’une rare intensité a mis en danger plus de 500 000 personnes et fut à l’origine de la destruction de centaines de milliers de logements, écoles, universités et de 60 % du système de santé du pays. Le pays a aussi connu après 2010, pendant 9 ans, la plus grande épidémie de choléra au monde.

La crise mondiale que nous connaissons actuellement à cause de la pandémie de la COVID-19, n’a fait que fragiliser le système de santé. L’accès limité aux soins, la difficulté d’approvisionnement en médicaments ainsi que la qualité des services de santé ne sont pas garantis par l’État. Par conséquent, dans le contexte de pauvreté extrême d’Haïti, où plus de 50 % de la population touche moins 2,5 $ par jour en 2020, l’accès aux soins pour la plupart des ménages est extrêmement compliqué.

DSF en Haïti depuis 2010

Douleurs Sans Frontières intervient en Haïti depuis 2010 et a participé activement à l’implantation de l’Unité Douleur (UD) à l’Hôpital de l’Université d’Etat d’Haïti (HUEH) en 2011. En septembre 2012, avec un financement du réseau Caritas, DSF a lancé un projet d’appui institutionnel à la mise en place d’un dispositif accessible de PEC de la douleur à l’HUEH. Durant 3 ans DSF a donc accompagné l’UD dans sa reconnaissance institutionnelle, sa collaboration avec les services de l’hôpital et à l’élaboration de son projet de service. En parallèle, de nombreuses activités de formation, de sensibilisation et d’étude ont été menées avec des acteurs institutionnels et associatifs dont les principaux sont la Société Haïtienne d’Anesthésiologie (SHA), la Faculté de Médecine et de Pharmacie de l’Université d’Etat d’Haïti (FMP-UEH), la Faculté de Sciences Infirmières de Port au Prince (FSIP), la Fondation Connaissance et Liberté (FOKAL) et la Direction de la Pharmacie, du Médicament et de la Médecine Traditionnelle (DPM-MT).

En 2015, DSF a déposé un projet (première phase) à l’Agence française de développement (AFD) qui a permis à l’UD de l’HUEH de proposer une offre pluridisciplinaire de soins[1]et de développer les collaborations avec les autres services de l’HUEH. Dans le projet, une UD a été installée à l’Hôpital universitaire de la Paix (HUP) grâce à la mobilisation des médecins, résidents et de la direction médicale de l’hôpital. En parallèle, les activités de formation et de plaidoyer ont permis de créer des liens importants avec des structures de soin, des sociétés médicales, des ONG, des écoles et universités, etc. DSF souhaite collaborer de manière plus étroite avec ses partenaires dans la nouvelle phase du projet ainsi que développer de nouvelles relations partenariales.

Les soignants et les responsables de l’HUEH et de l’HUP ont été associés au suivi et à l’évaluation de la première phase du projet AFD ainsi qu’à l’élaboration de la deuxième phase du projet. Plusieurs réunions de travail et d’évaluation des activités et des outils du projet ont été organisées afin de définir les orientations de la nouvelle phase, d’identifier les besoins et les éventuels partenariats et de réfléchir à la conception du projet.

La visite exploratoire dans les départements du Nord et de l’Artibonite ont mis en évidence l’intérêt de structures telles que l’UEH à Limonade, l’EINDS et de l’HUJ (dans le Nord) et de la FASI-UPAG et de l’HPG (dans l’Artibonite) pour la formation en douleur et en soins palliatifs (SP) à destination des professionnels de santé et aussi d’autres professionnels comme les assistants sociaux et les psycho-éducateurs ainsi que pour la mise sur pied de dispositifs de soins pour la prise en charge (PEC) des patients douloureux dans les structures de soins.

La deuxième phase du projet a pour ambition également de mettre l’accent sur le plaidoyer envers les autorités haïtiennes et internationales sur l’importance de la PEC de la douleur et des SP dans le développement d’un système de santé inclusif, efficace et de qualité. DSF va continuer de renforcer son partenariat avec le MSPP à savoir avec la DPM-MT, la DFPSS, la DSI ainsi que la DSF au niveau central et développera des liens forts avec la DSO, la DSA et la DSN dans les départements.

La FOKAL souhaite continuer de soutenir l’organisation du Diplôme universitaire (DU), la formation aux aidants et aux agents de santé communautaire polyvalents (ASCP) et le fonctionnement de l’UD et les initiatives de valorisation et médecine traditionnelle.

[1] Consultation d’appui psychologique pour les patients en souffrance, visites à domicile de soins palliatifs pour les patients en fin de vie, traitements médicamenteux et non-médicamenteux adaptés au contexte haïtien.

En 2021, Douleurs Sans Frontières (DSF) souhaite dans un premier temps maintenir ses activités de prise en charge de la douleur des patients et de formation malgré le climat sécuritaire alarmant et la crise la pandémie mondiale. De nouvelles activités vont être mises en place, afin de s’adapter au contexte et répondre aux besoins des Haïtiens :

  • Concernant la prise en charge de la douleur, nous souhaitons renforcer le système de soins à domicile par la formation des aidants familiaux et des agents de santé communautaire, afin de mieux accompagner les patients atteints de douleurs.
  • Concernant la formation des étudiants et des professionnels, nous allons mettre en place un diplôme universitaire spécialisé sur la Douleur à l’Université de médecine de Quisqueya.
  •  

De plus, DSF souhaite étendre ses activités de soin et de formation à d’autres provinces.

ACTUALITÉS

NOVEMBRE 2021

Nouvelles du terrain : une crise majeure

Le pays est confronté depuis des mois à une crise socio-politique majeure qui perdure et qui s’est traduit dans les derniers mois, dans une pénurie de carburant sans précédent ainsi qu’une insécurité galopante qui affecte la vie du pays ainsi que de la mission de DSF en Haïti.

Depuis l’assassinat du président (7 juillet 2021), la situation s’est en effet aggravée, plus particulièrement dans les dernières semaines, ce qui a favorisé une propagation importante des gangs dans le pays. Elles ont gagné en puissance et elles contrôlent le territoire, en particulier la zone métropolitaine où elles sont plus enracinées. Le phénomène des enlèvements est malheureusement en hausse. Il impose un couvre-feu pas déclaré mais effectif.

Ensuite, depuis quelque temps les gangs ont aussi pris le contrôle des ports et des espaces de stockage du carburant. Le pays a été confronté pendant une grosse partie du mois d’octobre et la première moitié de novembre à une absence presque totale de carburant. Des hôpitaux ont été contraints de fermer leurs portes, des autres de réduire leur capacité de travail ainsi que les autres institutions centrales du pays (banques, commerces, écoles). Cette pénurie est arrivée malheureusement à un moment où le pays est traversé par une 4ème vague de Covid-19.

Si depuis une dizaine de jours, une trêve a été déclarée par les gangs afin de permettre un timide approvisionnement en carburant, la livraison d’essence demeure instable et insuffisante par rapport aux besoins.

Formation continue :  initiation à l’éthique

Suite à une demande de formation en provenance de la Société haïtienne de formation et de prise en charge de la Douleur et quelques soignants ayant à faire face souvent à des dilemmes éthiques dans son quotidien professionnel, DSF, via sa Directrice Programme – le Dr. De Kergariou –, a pris contact avec des formateurs français pour le montage d’un cours d’initiation à la démarche éthique où des enseignants haïtiens ont aussi été impliqués.

Il s’agit d’un module de 18 heures réparti sur 6 jours (3 heures par jour sur une période de 5 semaines). Les cours sont dispensés par 3 formateurs français : le Pr. Armelle GENTRIC , le Pr. Marie-Bérengère TROADEC  et le Pr. Patrice Poingt de l’Université de Brest ainsi que 2 formateurs haïtiens : le Dr Marc-Félix CIVIL (coordonnateur du comité d’éthique à la FMP/UEH) et le Père Stevenson Montinard (professeur d’éthique a l’UNDH).

Les cours théoriques et le travail autour de cas d’études pratiques représentent la structure du cours.

Les participants sont tous des médecins avec spécialisations diverses (pédiatre, algologues, anesthésistes).

Réponse post-tremblement de terre dans le Sud d’Haïti : appui à l’enfance

A la fin du mois de novembre, l’équipe de santé mentale de DSF a animé de concert avec les partenaires locaux un camp récréatif destiné à l’enfance dans le cadre de son projet de réponse au tremblement de terre, qui a frappé le sud du Pays le 14 Août 2021. Le camp a eu lieu dans la localité de Bambou (Les Cayes) et il s’est adressé à 89 enfants entre 6 et 12 ans. Les psychologues ont réalisé des ateliers divers parmi lesquels une psychoéducation sur le risque sismique, des techniques de relaxation adaptées et un travail sur les émotions par le jeu. Les ateliers ont permis aux enfants de verbaliser leur vécu traumatisant, d’exprimer les émotions ressenties à travers des cartes émotionnelles et de mettre en place des stratégies positives appropriées afin de déconstruire leur trauma tout en mobilisant les ressources personnelles par le biais de différents types de jeux qui leur ont permis en même temps de se détendre et de se divertir.

OCTOBRE 2021

Dans le cadre de la journée internationale des soins palliatifs (9 octobre 2021), Douleurs Sans Frontières de concert avec l’Équipe des Soins à Domicile rattachée à l’Unité Douleurs de l’Hôpital universitaire de l’État d’Haïti a organisé un groupe de parole s’adressant aux aidants familiaux. Ce fut l’occasion pour les participants de s’exprimer et de partager leurs expériences en tant qu’aidant familial. Ce groupe de paroles a permis à ses participants de repartir en étant mieux outillé et avec une sensation de bien-être grâce à la décharge émotionnelle produite par la libération des émotions, le réconfort et le soutien mutuel prodigués.

SEPTEMBRE 2021

Appui psychosocial aux enfants dans les camps récréatifs

  • Organisation de camps récréatifs de concert avec les partenaires locaux (Eco-champs, Water for life. Hôpital Notre Dame S.A.). 
  • L’équipe de psychologues de DSF a participé aux activités à travers l’animation d’ateliers psychoéducatifs avec un travail autour des émotions
  • Sensibilisation des enfants à ce que c’est un tremblement de terre ainsi qu’à la conduite à tenir en cas de séisme.
  • Des exercices de relaxation et de l’animation ont permis aux enfants de se détendre

Installation des équipes de DSF et organisation de la prise en charge psychologique

L’équipe de DSF en charge de la santé mentale a pu installer, avec l’aide du logisticien Ysmael en mission dans le Sud, une tente dans la cour de l’Hôpital OFATMA des Cayes afin de créer un espace pour recevoir les patients pour des prises en charge psychologiques individuelles ou des groupes de paroles.

AOÛT 2021

Samedi 14 août, vers 8h30 heure locale (14h30 heure de Paris) : un séisme de magnitude 7,2 a touché le sud-ouest d’Haïti, causant des dégâts considérables. De nombreuses structures hospitalières ont été détruites, et celles qui restent en fonctionnement sont très fragiles. C’est pourquoi Douleurs Sans Frontières lance aujourd’hui un appel aux dons, afin de pouvoir mettre son expertise dans le domaine de la douleur, de la prise en charge psychosociale et des soins palliatifs au profit des personnes affectées par cette catastrophe.

Une situation critique suite au séisme

Les derniers bilans font état de plus de 2200 morts et 12 200 blessés, des chiffres susceptibles d’évoluer alors que de nombreuses personnes restent disparues. 130 000 maisons ont également été détruites ou endommagées, laissant de nombreuses personnes sans abri. Par ailleurs, au moins 600 000 personnes ont besoin d’une aide d’urgence.

Bien que les dégâts soient moins importants que ceux observés après le séisme de 2010 (pour rappel, celui-ci avait détruit la capitale Port-au-Prince et plusieurs villes de province, entraînant la mort de plus de 200 000 personnes, tandis qu’1 million et demi d’Haïtiens s’étaient retrouvés sans logis), c’est un nouveau choc pour un pays déjà affecté par de multiples crises, à commencer par la violence des gangs, qui terrorisent la population et ont entraîné le déplacement de 19 000 personnes, mais aussi l’assassinat du président Jovenel Moïse il y a à peine un mois, sur lequel l’enquête progresse difficilement.

Plusieurs hôpitaux ont été détruits, et ceux qui continuent de fonctionner sont totalement dépassés, manquant de personnel et de matériel médical. Par conséquent, l’intervention de DSF dans cette situation d’urgence est plus qu’importante pour soutenir le système de santé qui ne peut répondre tout seul aux besoins de la population.

STRATÉGIE À COURT ET MOYEN TERME

Afin de répondre aux besoins partiels identifiés suite à l’évaluation menée par DSF et les évaluations du Ministère de la Santé publique et de la Population, conjointement avec la protection civile et les agences onusiennes en matière de santé mentale et d’assistance psycho-sociale ainsi qu’en soins de santé, Douleurs Sans Frontières s’engage dans des actions de solidarité et de soutien à la population victime de traumatisme, physique et/ou psychologique.

Notre stratégie d’intervention propose :

  • Un appui psychologique aux communautés affectées ;
  • Un appui et des formations aux professionnels de la santé afin d’assurer un accompagnement des pratiques de prise en charge de la douleur pour l’amélioration de la condition des patients polytraumatisés et la prévention de la douleur induite et chronique.

Cette intervention est prévue pour un mois du 06 septembre au 05 octobre 2021. Un projet à moyen terme est en cours de préparation pour continuer à répondre aux besoins de la population.

MAI 2021

Situation sur le terrain

Haïti, et plus particulièrement la zone métropolitaine de Port-au-Prince où le bureau de l’antenne haïtienne de DSF est située, connaît depuis quelques mois par une instabilité socio-politique majeure. Si le phénomène des enlèvements semble avoir ralenti au cours des derniers dix jours au mois d’avril 2021, une centaine de kidnappings ont été répertoriés, des actes de criminalité divers se poursuivent ainsi que des événements de protestation antigouvernementale. Notamment le 18 mai, journée dédiée à la fête du drapeau haïtien, une manifestation a été organisée pour protester contre le référendum que le gouvernement en place souhaite organiser pour le mois de juin dans le cadre d’une proposition de changement de la constitution haïtienne de 1987. La géographie mouvante de l’insécurité ainsi que le phénomène de gangstérisation du territoire affectent et ralentissent le travail de DSF sur le terrain. Néanmoins, DSF de concert avec ses partenaires travaille à la mise en oeuvre d’un plan de sécurité capable de prendre en compte de manière plus large les contraintes sécuritaires auxquelles DSF est appelée à faire face afin d’assurer la poursuite et le suivi des activités. 

Activités en cours

La volonté de DSF Haïti d’élargir la culture de la prise en charge de la douleur aux provinces haïtiennes commence à se concrétiser par le biais de la création d’une équipe mobile de prise en charge de la douleur au sein de l’Hôpital de la Convention Baptiste situé dans le département du Nord. Cette équipe (composée d’un médecin et d’une infirmière en cours de spécialisation en algologie) souhaite répondre aux besoins des patients  douloureux présents dans quatre services prioritaires de la structure sanitaire (réadaptation, urgences, orthopédie, médecine interne).

Par ailleurs, au cours du mois de mai, a eu lieu le dernier module de formation du Diplôme universitaire en prise en charge de la douleur (diplôme de l’université de Paris délocalisé en Haïti) dédié spécialement à la question de la prise en charge de la douleur dans les soins palliatifs. L’équipe de DSF et les formateurs haïtiens engagés dans la transmission de leurs compétences sur le terrain, accompagneront les 49 étudiants participants à la formation dans la préparation de l’examen final prévu pour le mois de juin. 

Contexte sanitaire

Appelée par certains le « miracle haïtien », la situation épidémiologique du pays au cours de la première année de la pandémie a présenté un exemple assez extraordinaire en terme d’impact. En effet, si des cas ont été enregistrés depuis le début de la crise sanitaire (13 255 cas confirmés), le nombre des pertes demeure relativement bas ( 268 décès), bien que les moyens de dépistage et de contrôle de l’épidémie dans le pays demeurent souvent assez faibles. Cependant, nous assistons depuis la fin du mois d’avril 2021 à une recrudescence de la pandémie. Notamment l’identification de la présence sur le territoire de 2 variants (britannique et brésilien), considérés comme bien plus virulents et pouvant avoir un impact préoccupant sur la population, s’accompagne de l’augmentation des cas enregistrés au cours des dernières semaines. Cette situation pourrait mener à des complications majeures dans le cas d’une forte recrudescence de l’épidémie en raison de l’absence totale de vaccins dans le pays et de la faiblesse des structures de prise en charge de la Covid-19 et du système de santé en général. Ce qui demande à l’équipe DSF de redoubler de vigilance, mais aussi de contribuer à une sensibilisation accrue sur la pandémie (dont la population doute de l’existence) et sur les gestes barrières à adopter pour diminuer les risques de propagation.

PARTENAIRES

Douleurs Sans Frontières (DSF) appuie les structures de soins et les établissements d’enseignement supérieur partenaires à travers un renforcement administratif, financier et technique. L’appropriation des bonnes pratiques et l’autonomisation des partenaires se fait par les échanges avec des experts et formateurs étrangers, et le compagnonnage ; la mise à disposition et l’élaboration d’outils et de ressources, la définition de méthodes de prise en charge adaptées au contexte, au profil épidémiologique du pays et à sa culture ; la sensibilisation et l’actualisation des connaissances et compétences autour des méthodes conventionnelles et innovantes de prise en charge de la douleur et des soins palliatifs ; le développement de l’interdisciplinarité, de la coordination entre les services et les centres hospitaliers ; l’éducation thérapeutique et l’implication des patients, des aidants et familiaux, ainsi que la sensibilisation des pouvoirs publics et de la société civile pour un meilleur ancrage du projet. De plus, DSF prévoit des activités pour renforcer la pérennité du projet notamment par le développement de formations, de consultations et de colloques payants.

Nos partenaires opérationnels :

  • Les unités douleurs de l’HUEH et de l’HUP
  • La société Haïtienne d’Anesthésiologie
  • La Société Haïtienne de Formation et de prise en charge de la douleur (SOHAD)
  • La faculté de Médecine de l’Université d’État d’Haïti
  • La Faculté de Médecine de l’Université de Quisqueya
  • L’université Paris Diderot
  • L’hôpital de l’Université d’État d’Haïti
  • L’hôpital Universitaire de la Paix
  • L’Association Nationale des Infirmières et Infirmiers d’Haïti (ANILH)
  • L’École Nationale des Infirmières de Port-au-Prince (ENIP)
  • Humanité & Inclusion (HI)
  • MSF France