Madagascar

Sensibilisation et formation des professionnels de santé

CARTE MADA MAJ 2016

« Antananarivo08 » par Bernard Gagnon — Travail personnel. Sous licence CC BY-SA 3.0 via Wikimedia Commons - https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Antananarivo08.jpg#/media/File:Antananarivo08.jpg
« Antananarivo » par Bernard Gagnon

Le pays est à la 155ème place sur 187 pays selon l’IDH des Nations Unies.  Madagascar reste très vulnérable aux catastrophes naturelles (cyclones, épisodes de sécheresse et inondations) qui ont un impact sur le pouvoir d’achat des ménages ainsi que sur la situation économique du pays. La croissance du PIB est quant à elle estimée à 3,4 % et l’inflation est maintenue à 6 %, malgré la suppression des subventions sur les produits pétroliers.

La dégradation du pouvoir d’achat et les conséquences des catastrophes naturelles impactent l’état de santé de la population ainsi que l’accès aux services de santé. Les Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD) à l’échéance de 2015, dont ceux relatifs aux taux de mortalité infantile, l’élimination de l’extrême pauvreté ne seront pas atteints. L’accès aux services sanitaire de base, et la lutte contre la pauvreté fait ainsi partie des axes prioritaires de la stratégie du gouvernement.

Après une circulation du poliovirus détectée en septembre dans le nord du pays, des cas d’infection sont confirmés en avril 2015 au sud et à l’ouest. Une flambée de peste est notifiée en septembre 2015. Au 30 août 2015, 14 cas, avec 10 décès, avaient été signalés. Les bailleurs de fonds et l’OMS appuient les autorités malgaches  pour mettre en place des mesures de prévention et de lutte contre ces fléaux.


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Les médecins échangent durant la visite

En 2009, l’association signe une convention de partenariat avec le Ministère de la santé Publique et la Faculté de Médecine. Ce partenariat s’est traduit par la mise en place d’un projet qui vise l’amélioration de la prise en charge de la douleur, de la souffrance et des symptômes de fin de vie des patients usagers du système national de santé. Des formations continue ont donc été mise en place avec le centre hospitalier universitaire Hôpital Joseph Ravoahangy Andrianavalona (HJRA). S’ajoute à cela la mise en place d’un diplôme universitaire de prise en charge de la douleur pour les praticiens. Enfin, des espaces de coordination et un centre de ressources au sein de l’hôpital ont été créés dans le but de créer un centre antidouleur au CHU HJRA.

Action de sensibilisation et de formation

  • Formation initiale

DSF a mis en place un dispositif de formation initiale sous la forme d’un diplôme universitaire d’évaluation et de traitement de douleur et d’une formation à la douleur et soins palliatifs à destination de futurs formateurs de la Faculté de Médecine d’Antananarivo et de l’Institut de Formation Inter-régionale des paramédicaux.

  • Formation continue

Les formations continues se focalisent dans la formation de l’équipe du CHU Joseph Ravoahangy Andrianavalona (HJRA) et du CHU Mère-Enfant Tsaralalana. Ces séances sont animés entre autres par le docteur Erwan Treillet, spécialiste de la douleur et référent technique du programme Madagascar. Au total, 20 séances de formation continue ont été réalisées et près de 220 professionnels de santé ont pu bénéficier du dispositif.

  • Compagnonnage

Le compagnonnage est un dispositif d’accompagnement entre professionnels à des fins d’instructions mutuelles. Dans le cadre des missions de DSF, le compagnonnage a permis d’aborder des sujets spécifiques relatifs à la  prise en charge de la douleur et au psychosocial. En 2015, 44 séances de compagnonnage ont pu être réalisées dans les deux hôpitaux partenaires.

Suivi des pratiques locales

  • Consultation douleur

La consultation douleur est le dispositif de prise en charge direct du patient sur référencement des médecins mais certains patients viennent de leur propre initiative. L’approche développée permet de décider, après un bilan complet comprenant la réévaluation du diagnostic initial, d’un projet thérapeutique adapté aux besoins de chaque patient.  L’efficacité des traitements mis en route est évaluée régulièrement pour permettre la réalisation d’un suivi et si besoin d’ajustements. Ces consultations sont un indicateur d’amélioration de la prise en charge de la douleur. On compte près de 1211 consultations douleur durant cette année.

  • Equipe mobile intra hospitalier

Une équipe mobile, composée selon les besoins, de médecins, d’infirmiers et de travailleurs sociaux a été mis en place dans le but d’accompagner les professionnels de santé dans la prise en charge des patients hospitalisés et d’assurer un suivi de l’évolution de la douleur de ces derniers. Cette forme de compagnonnage entre l’équipe mobile et les professionnels de santé optimise la transmission des bonnes pratiques médicales et la maîtrise de la prise en charge de la douleur. 103 patients ont donc pu bénéficier des passages de l’équipe.

  • Séance d’écoute

Les séances d’écoute, supervisées par des assistantes sociale de DSF, sont des espaces où les patients et/ou leurs proches sont soutenus dans le processus de la prise en charge de la souffrance morale et psychologique. Entre octobre et décembre 2015, 19 séances ont pu être réalisées.

Ces consultations et écoutes psychosociales ont été bénéfiques pour 406 patients


Dr Nicole Rakotoarison est chef de service des urgences de l’HJRA (Hôpital Universitaire Joseph Ravoahangy Andrianavalona) à Antananarivo. L’étude sur la prise en charge de la douleur et l’utilisation des morphiniques à l’HJRA est réalisée par le CLUD en 2012 avec l’appui de DSF. Cette publication est le fruit de l’approfondissement des résultats de cette étude.

publication douleur 2014

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La Fondation Dominique & Tom Alberici participe au financement du projet de Douleurs Sans Frontières intitulé « Lancement d’un dispositif de prise en charge médico-psychosociale à domicile au bénéfice des patients douloureux, en soins palliatifs et en fin de vie » à Madagascar.

À Madagascar, les facteurs culturels et les croyances n’incitent pas les patients à exprimer leur ressenti et leur douleur. La prise en compte, l’évaluation et les possibilités de traitement de la douleur restent méconnues et l’utilisation des antalgiques, tabou. De plus, l’approche psychosociale n’est pas très développée alors que les effets psychologiques et sociaux de la maladie peuvent être dramatiques pour le patient et ses proches.

Dans ce contexte, il apparait pertinent de pouvoir proposer un suivi et un accompagnement à domicile des patients, centrés d’une part sur le soulagement de la douleur, sur le confort et la qualité de vie des patients qui peuvent être à un stade avancé de la maladie et d’autre part, sur l’accompagnement psychosocial du patient et de ses proches.

L’objectif du projet est d’améliorer la qualité de vie des patients pris en charge et la satisfaction professionnelle des soignants

 Ce projet est porté sur 3 axes :

  • Le suivi de l’état général du patient, l‘évaluation de la douleur, le suivi de son traitement médicamenteux ou non médicamenteux.
  • Le suivi des actes de soins adaptés à la situation et à l‘éducation de la famille sur la prise en charge des patients en fin de vie: hygiène, toilette, soins de bouche, complications liées à cet état (déshydrations, escarres).
  • Les écoutes psychosociales et l‘accompagnement des familles.

Ce projet va nous permettre de pérenniser davantage nos actions entreprises dans le pays depuis 2001.

Pour ces raisons, Douleurs Sans Frontières remercie la Fondation Dominique & Tom Alberici pour son soutien et son aide à la mise en œuvre de ce projet.

Plus d’infos sur la Fondation :

La Fondation Dominique & Tom Alberici a pour objectif « d’améliorer la qualité de vie des personnes handicapées et des malades souffrant de cancers ». Ses actions se concentrent essentiellement en France et à Madagascar.

Le site internet de la Fondation  http://initiative-octalfa.eu/fondation/

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