Appel à partenariat

Bien souvent, l’action humanitaire, notamment dans les pays confrontés à la guerre, est compartimentée : les diplomates tentent de résoudre la crise sur le plan de la politique internationale, les militaires s’interposent sur le terrain, les organisations non-gouvernementales pourvoient aux besoins les plus urgents (sanitaires, alimentaires, médicaux)… La coordination entre ces acteurs fait bien souvent défaut ou bien est réduite au strict minimum, quand il faudrait au contraire une mise en complémentarité des compétences. A discuter avec les représentants de ces différents secteurs, on sent de manière tangible la méfiance, l’antipathie, le rejet qu’ils s’inspirent mutuellement . La logique de l’évolution actuelle veut pourtant que l’on s’oriente vers des processus de partenariat, répondant qui plus est aux intérêts de chacun. Cet interface humanitaire sert aussi bien les populations, les responsables politiques et économiques que les représentants de la société civile. Dans cette perspective, il est positif que certains grands groupes industriels mettent en place des structures permanentes au service de la paix et du développement, révélant ainsi de réels changements dans les mentalités.
Placé du point de vue des organisations non-gouvernementales, se pose néanmoins la question de leur indépendance, aussi bien politique que financière, qui fonde leur identité : comment concilier liberté d’action et coopération plus poussé avec d’autres acteurs ? On sait à quel point les ONG sont attachées à quelques principes essentiels : neutralité, indépendance, impartialité…
Par ailleurs, la temporalité dans laquelle ces différents acteurs inscrivent leur action n’est pas la même ; leurs objectifs, leur vocation divergent également. Temps court ou temps long, rentabilité ou humanité, rapports de force ou solidarité, sont autant de notions incompatibles en apparence. Mais toutes entrent en jeu lors d’un processus de sortie de crise. Comprendre cela permet d’aborder la résolution des conflits dans sa globalité, selon une approche empruntant à la fois aux sciences humaines, politiques, économiques, symboliques… La difficulté est ainsi de parvenir à apporter des réponses spécifiques à des besoins particuliers, tout en ayant conscience de leur caractère partiel et donc limité. On peut penser que « l’humanitaire » aura fait un grand pas lorsque chacun des acteurs concernés acceptera l’idée qu’il n’est pas seul légitime à intervenir.
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