Douleurs sans frontieres - historique

CAMBODGE

Les premières missions d’évaluation, au nombre de deux, ont débuté en 1995. A cette époque DSF ne possédait pas de logistique, ni d’équipe, ni d’administration sur place et nous avons été aidés par Médecins Sans Frontières qui nous a accueillis dans ses locaux et a donc accueilli les deux missions d’évaluation technique et également les premières missions médicales avec le soutien logistique de cette grande organisation non gouvernementale.

A l’époque au Cambodge, comme d’ailleurs en Angola et au Mozambique, qui sont les 3 premiers pays où Douleurs Sans Frontières est intervenu, il s’agissait principalement de prendre en charge les douleurs des amputés. En effet, ces trois pays étaient à l’époque parmi les plus minés de la planète et les conflits, dont certains continuaient encore, comme au Cambodge dans la région nord-ouest à la frontière avec la Thaïlande, avaient fait de nombreuses victimes des mines anti-personnel. Les deux missions d’évaluation technique ont mis en évidence que ces patients étaient en général amputés 48 à 72 heures après avoir sauté sur une mine et en aucun d’entre eux ne voyait de médecin, il n’y avait pas de prise en charge médicale et l’amputation était faite par un technicien de santé ou un infirmier, qui possédaient d’ailleurs très bien cette technique, car ils avaient l’expérience du nombre. Et ensuite les victimes étaient rapatriées vers leur village d’origine et c’est à ce moment là qu’ils avaient un premier contact avec une ONG d’appareillage pour avoir une prothèse. Et là non plus pas de médecin, mais une grande technicité. La prothèse était mise en place soit à Phnom Penh, soit dans des grandes villes comme Kam Pong Cham, Kom Pong Tom ou Battambang et Siem Reap. Il y avait à l’époque ce qu’on appelait la prothèse des 7 jours, c’est-à-dire que le patient amputé présentait des douleurs de membre fantôme et des douleurs de névrome qu’il mettait sur le compte de la qualité de la prothèse et il prenait contact avec une autre ONG ou un autre organisme pour avoir une nouvelle prothèse. En fait, le problème n’était pas là et il convenait de prendre en charge ses douleurs, de façon à ce qu’il puisse se servir de sa prothèse, et cette notion était vitale pour les patients khmers, puisqu’ils pouvaient à nouveau aller dans la rivière, faire du vélo et avoir une vie sociale proche de la normale. La situation était banalisée, tout le monde avait dans son voisinage ou dans sa famille un amputé.

Durant les premières années nous avons travaillé dans les centres d’appareillage et progressivement on nous a demandé de prendre en charge d’autres types de douleurs, comme les douleurs des cancers et les douleurs du SIDA et très progressivement nous avons donc changé nos objectifs. C’était logique, puisque nous étions en fin de conflit et qu’il y avait de moins en moins d’amputés et de plus en plus de patients séropositifs et atteints de SIDA.

Très progressivement nous avons débuté la formation : former le personnel par l’intermédiaire de compagnonnage au lit du patient, mais également par des enseignements magistraux à la Faculté de Médecine, dans des écoles d’infirmières. Tout ceci a abouti à la création d’un DU de formation des Professionnels de Santé à la prise en charge de la douleur, validé par l’Université des Sciences de la Santé de Phnom Penh et l’Université Paris VII.

La diversification s’est faite également progressivement pour aboutir à la création d’un centre de soins palliatifs de 35 lits, le premier du Cambodge, et d’un centre de consultations de la douleur.



En ANGOLA et au MOZAMBIQUE

Les évènements se sont produits de la même façon et les actions également d’ailleurs.

Au Mozambique, c’est l’organisation non gouvernementale Handicap International qui nous a beaucoup aidés et qui nous a, là aussi, accueillis. H.I. a mis à notre disposition sa logistique, son soutien, ses connaissances, ses relations à l’intérieur du pays et également différents logements, maisons et appartements, que nous avons utilisés. Cette collaboration a été particulièrement fructueuse au Mozambique.

H.I. nous a également introduits au niveau du Doyen de la Faculté de Médecine et très rapidement nous avons pu organiser des sessions de formation pour les médecins à la Faculté de Médecine.

Là aussi au départ notre action concernait principalement les amputés, peut-être de façon moins aiguë qu’au Cambodge, et très rapidement nous nous sommes portés sur la formation et l’enseignement, ce qui a abouti à l’ouverture récemment en 2007 du premier Centre de la Douleur à l’Hôpital Central de Maputo.

Rapidement là aussi nous nous sommes orientés vers la prise en charge des patients séropositifs avec la coordination et l’organisation de deux hôpitaux de jour dans la province de Gaza à Chokwe et à Xaï-Xaï.

DSF a enfin développé l’assistance médico-psychologique au centre de réhabilitation médico-psycho-social de Chokwe, où près de 6.600 enfants sont pris en charge chaque année.


De la même façon en Angola, nous avons eu le soutien du Comité International de la Croix Rouge. Nous avons débuté là aussi par la prise en charge dans les années 95 des douleurs des amputés au centre d’appareillage et de mise en place des prothèses du CICR à Neves Bendinha et au centre CICR de Bomba Alta dans la ville de Huambo. A cette époque le conflit armé n’était pas terminé.

Nous avons également organisé de la formation et de l’enseignement et notre action s’est progressivement au fil de années diversifiée pour mener des campagnes de prévention contre le SIDA, prendre en charge la douleur des brûlés, car il n’y avait pas de traitements douleur et dans le centre des brûlés « Dos Queimados » de Neves Bendinha il y avait un taux de mortalité très important qui était en rapport avec l’infection des pansements. Les septicémies étaient causées par l’absence de traitement anti-douleur, ce qui faisait renoncer le personnel soignant à changer les pansements.

A partir de 2004 DSF a organisé l’hôpital-dispensaire itinérant dans la province de Soyo, au sud du fleuve Zaïre et au sud de l’enclave de Cabinda, au nord-ouest du pays, qui prend en charge plusieurs milliers de personnes dans 82 villages.

Dans les années 1995 à 2000 DSF a organisé la formation au MAROC et en TUNISIE des personnels de santé, de façon, comme au Cambodge, à créer une dynamique et à avoir des personnes ressources permettant d’organiser des prises en charge de santé primaire dans les dispensaires, les hôpitaux….

Puis en ARMENIE, DSF est intervenu dans un programme d’assistance médico-psychologique pour les orphelins dans la région nord qui était l’épicentre du tremblement de terre à Gyumri, anciennement appelée Leninakam.

Tous ces programmes se sont développés très progressivement, mais de façon intensive, nécessitant la présence sur place d’équipes permanentes de professionnels de la santé, médecins, infirmiers, psychologues, psychomotriciens, kinésithérapeutes, pharmaciens, psychiatres, pédo-psychiatres…

DSF intervient depuis peu dans d’autres pays : la Cisjordanie, Jérusalem et le Sud Liban.

Libellés :

comptes rendus des assemblées générales

Voici les comptes rendus des assemblées générales de DSF depuis 2002.

Compte Rendu de l'Assemblée Générale 2002 CR-AG2002.pdf

Compte Rendu de l'Assemblée Générale 2003 CR-AG2003.pdf

Compte Rendu de l'Assemblée Générale 2004 CR-AG2004.doc

Compte Rendu de l'Assemblée Générale 2005 CR-AG2005.pdf

Compte Rendu de l'Assemblée Générale 2006 CR-AG2006.pdf

Libellés :

Comptes rendus financiers

Voici les états financiers de DSF depuis 2003.

Etats financiers 2006 : Comptes DSF 2006.pdf

Etats financiers 2005 : Comptes DSF 2005.pdf

Etats financiers 2004 : Comptes DSF 2004.pdf

Etats financiers 2003 : Comptes DSF 2003.pdf

Libellés :

Pourquoi la douleur ?




Pourquoi le corps humain nous transmet la douleur ?

Cela sert-il à nous alerter que quelque chose ne va pas dans notre corps, où qu'il y a un problème quelque part ?

Mais comment cela se fait-il que, dans certains cas, une douleur physique puisse atteindre une telle violence ?

Et au delà de l'utilité de la douleur dans notre corps, pourquoi le corps ne se contente pas de limiter le niveau de douleur perceptible à un simple "niveau acceptable"?

La douleur est-elle évitable puisqu'elle est interpreté par le cerveau, et que l'on peut tromper notre cerveau ?

Est-elle juste une alarme ou une torture ?





L’International Association for the Study of Pain (IASP) définit la douleur comme "une expérience sensorielle et émotionnelle désagréable liée à une lésion tissulaire existante ou potentielle ou décrite en terme d’une telle lésion."

Il existe deux grands types de douleur :
La douleur aiguë de courte durée, telle que la douleur post-opératoire, la douleur post-traumatique ou la douleur provoquée par certains actes et soins
La douleur chronique rebelle comme les lombalgies et les céphalées chroniques, celle liée au cancer ou les douleurs neuropathiques en général.



De l'utilité de la douleur

Afin de lui permettre de réagir rapidement, l’organisme doit être informé au plus vite des agressions externes ou internes qu’il subit. La fonction première de la douleur aiguë est donc d’informer l’organisme. Les nocicepteurs, terminaisons nerveuses destinées à ce rôle, sont distribués dans tout le corps (peau, muscles, articulations, viscères) à l’exception du cerveau, lui-même protégé par les couches de tissu extrêmement sensibles qui constituent les méninges.
La nociception peut être considérée comme un sens, au même titre que la vision ou l’olfaction, mais elle fait intervenir, contrairement à ces dernières, un large spectre de mécanismes de transduction, qui ont pour rôle de transformer les stimuli physiques ou chimiques en signal électrique afin de relayer jusqu’au cerveau les informations provenant du monde extérieur. Les nocicepteurs ont ceci de particulier qu’ils sont sensibles à plusieurs types de stimuli tels qu’une pression intense, des substances chimiques et des températures nocives pour l’organisme. Ce n’est qu’en cas d’agression que l’activité des nocicepteurs doit être perçue consciemment, sous forme de douleur, par l’organisme, lequel doit donc être capable de distinguer les stimuli présentant un danger de ceux qui sont inoffensifs, tels qu’une caresse ou la chaleur d’un rayon de soleil.

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