Douleur Soulagée...


DSF intervient depuis novembre 2007 au sein de l’Hôpital National Pédiatrique de Phnom Penh en soutenant les pédiatres, chirurgiens et infirmiers qui ont suivi les formations à la prise en charge de la douleur enseignées par DSF.

Plusieurs missions d’expatriés (pédiatre, anesthésiste, infirmière) ont eu lieu à la fin de l’année 2007 et depuis début janvier 2008, j’interviens en tant que pédiatre référente douleur pour aider le personnel formé par DSF à appliquer les principes de prise en charge de la douleur. Chaque matin je me rends dans 4 services, et nous voyons ensemble les enfants douloureux qui posent des difficultés de prise en charge. Nous revoyons la manière d’évaluer la douleur, les moyens de soulager les enfants, avec des protocoles de prise en charge adaptés aux conditions locales, à l’aide des médicaments fournis par DSF.

J’ai ainsi suivi pendant 3 semaines un adolescent de 14 ans hospitalisé dans le service de chirurgie pour une douleur abdominale intense, qui durait à la maison depuis 1 mois.

Il a été pris en charge dans la salle réservée aux cas les plus sévères. A son arrivée, il était très fatigué, amaigri, il ne s’alimentait plus et la douleur l’empêchait de dormir. Un traitement antibiotique a été mis en route dans l’hypothèse d’un abcès mais le diagnostic était incertain (abcès ou tumeur du foie ?). Il aurait fallu un scanner pour le préciser mais ses parents ne pouvaient le payer, ce qui augmentait leur angoisse. Le traitement antalgique débuté à son arrivée était du paracétamol.

Je l’ai vu le lendemain de son arrivée avec un des chirurgiens, l’adolescent décrivait une douleur maximum par rapport à tout ce qu’il pouvait imaginer. Malgré l’absence de diagnostic nous avons instauré un traitement antalgique plus puissant que ce qu’il avait reçu jusque là en rajoutant du Tramadol (palier 2, dérivé morphinique).

Nous avons suivi l’évolution de l’intensité de sa douleur grâce aux méthodes d’évaluations enseignées par DSF : dans ce service, 3 infirmiers sont formés et ils sont chargés d’évaluer la douleur des enfants avant les prises médicamenteuses. Un dossier spécifique à la prise en charge de la douleur a été ajouté à son dossier médical : les évaluations, les médicaments prescrits, les horaires de prises médicamenteuses y sont consignés…

Son état était vraiment préoccupant et difficile à prendre en charge. Nous l’avons revu quotidiennement, et après avoir démarré la prise en charge par du Tramadol en gouttes, nous avons du augmenter les doses jusqu’au maximum puis passer à la forme intraveineuse car sa douleur persistait, intense. Avec la forme intraveineuse il était soulagé quelques temps après l’injection mais la douleur revenait trop vite. Nous avons dû encore augmenter les doses, et ce temps de recherche d’un traitement correct a été l’occasion d’une formation pratique pour les chirurgiens du service.

Il a fallu plusieurs jours d’intensification du traitement antalgique pour le soulager de manière satisfaisante et malgré tout ce temps et l’incertitude du diagnostic, les parents nous ont témoigné dès le début beaucoup de reconnaissance. Je crois qu’ils étaient contents qu’on accorde de l’importance à la douleur de leur fils.

Quant au jeune garçon, il a très vite compris l’intérêt de nous aider à évaluer sa douleur grâce à la réglette d’EVA. Lorsqu’il a enfin été bien soulagé, il ne voulait plus s’en servir : « il n’a plus mal du tout, c’est tout » me traduisait l’interprète.

Heureusement la 3° échographie a posé le diagnostic d’abcès en voie de guérison, il a pu quitter la salle réservée aux cas les plus sévères et les antalgiques ont été progressivement arrêtés après 3 semaines de traitement.

La dernière semaine de son hospitalisation, en arrivant le matin je croisais sa mère à l’entrée du service qui me saluait à la khmer, les mains jointes…tout sourire, soulagée. J’ai revu cette mère une dernière fois peu avant son départ, elle s’est adressée en khmer à l’interprète qui m’accompagne : « elle vous remercie….pour la douleur… ».

Gwënola RIDEAU

Pédiatre

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Une journée à Svay Rieng



Le matin commence tôt au Cambodge. Au départ de Phnom Penh à cinq heures, s’il faisait toujours sombre, le trafic était déjà intense. Nous prenions la direction de Svay Rieng, une petite ville frontalière du Vietnam, au sud-est de Phnom Penh. Conduite en zig-zag entre les Toyota, camions, moto à bout de souffle et quelques Land Cruisers flambant neuf. 120 Km et deux heures de trajet nous attendaient.

Nous étions quatre dans notre Land Rover fatigué, notre chauffeur Vanna, le traducteur Vanna, Clément, un jeune médecin français, et moi. Il s’agissait du premier jour d’un nouveau projet, consistant à soutenir un hôpital provincial dans la prise en charge de la douleur. Par le passé notre ONG Douleurs Sans Frontières avait déjà formé plus de 300 médecins et infirmières Cambodgiens à l’utilisation des antalgiques, il s’agissait maintenant de passer à la pratique. A savoir, nous commencions à superviser les mêmes médecins et infirmières sur leur lieu de travail, les hôpitaux régionaux du pays.

D’ici deux semaines, nous apporterions notre soutien au service de Maladies Infectieuses et ouvririons également une consultation de la douleur à l’hôpital régional de Svay Rieng. Soutien concrétisé par la délivrance d’antalgiques adaptés aux patients douloureux, et la supervision de la prescription des ces médicaments, comme nous l’avons fait jusqu’à présent dans cinq autres hôpitaux du pays. Dans les services de maladies infectieuses de l’hôpital Preah Kaet Mea Lea, l’Hôpital National Pédiatrique et l’hôpital Calmette à Phnom Penh, et les hôpitaux régionaux de Kampong Cham et Takeo, DSF fournit aussi le support au nettoyage et l’alimentation. Deux médecins de Svay Rieng sont déjà formés par DSF. L’un travail en Médecine Interne, l’autre dans le service de Maladies Infectieuses.

L’hôpital régional de Svay Rieng est similaire aux autres hôpitaux provinciaux Cambodgiens. C'est-à-dire un ensemble de pavillons à deux étages entourés de balcons spacieux. Les larges fenêtres sont dépourvues de carreaux, et les volets ouverts en permanence pour permettre à l’air frais de rentrer dans les chambres. Ces hôpitaux construits sous l’ère coloniale et rénovés dans les années 80 se délabrent depuis, et leurs teintes jaune et blanc se sont lentement changées en brun ou noir, intérieur comme extérieur. Sur la pelouse, des écorces de noix de coco, des charpies de vêtements et des vieux papiers, une centaine de sacs plastique bleus dispersés, et de temps en tant on peut voir des chiens et poules cherchant de quoi manger. Parfois mêmes, des vaches ou des chèvres se promènent entre les bâtiments. Sur les cordes tendues entre les arbres en fleurs, se mélangent les tuniques et couvertures vertes de bloc opératoire mélangées aux lessives des patients.

Notre compagnon, le Docteur Mono, est responsable ce jour des urgences de l’hôpital. Nous marchons à travers un long et sombre corridor, où patients comme familles attendent en silence, assis sur des bancs. De chaque côtés du couloir, des chambres à six lits chacune. Les lits en fer rouillés sont recouverts de matelas plastifiés et nattes en paille. Petit à petit, les patients regagnent leurs lits. Tout comme les murs ils n’ont pas été lavés depuis des années, et la technique prépondérante pour le nettoyage du sol semble être le coup de balai en chanvre.

Docteur Mono, un homme potelé plutôt timide et réservé au premier abord se révélant souriant et amical au fil de la journée, nous conduit au chevet du premier patient. Un jeune homme est tombé d’un cocotier trois ans auparavant, responsable d’une hernie discale post traumatique. Sa radiculalgie ne s’est jamais vraiment amendée et sa jambe lui fait tellement mal qu’il s’est rendu à l’hôpital. Nous examinons ce jeune homme et constatons une lésion séquellaire de la racine nerveuse L4 sans nouveau traumatisme. Une longue discussion s’ensuit avec le Dr Mono sur les différences thérapeutiques en cas de douleur neuropathique vs radiculalgie aiguë. Son supérieur lui demande de toujours utiliser une combinaison de quatre médicaments dans un tel cas : trois différents antalgiques et un protecteur gastrique. Nous lui avons recommandé un traitement simple par Amytriptiline (antidepresseur également actif sur les douleurs neurologiques) pour cette douleur neuropathique chronique et promettons de parler de ce problème avec son supérieur. Par mesure de sécurité, nous demandons une nouvelle radio lombaire.

Un musicien de 44 ans a subit un accident vasculaire cérébral, conséquence d’une hypertension non traitée. Il est hémiplégique, mais récupère depuis quatre jours une discrète motricité de son membre inférieur gauche. Son membre supérieur reste flasque, perte qui déprime notre musicien. Sa femme semble active et volontaire pour l’aider. Nous examinons le patient et l’aidons à se tenir sur ses pieds. Ca lui apporte un peu de baume au cœur. Nous nous renseignons sur la présence d’un kinésithérapeute dans l’hôpital. Il y en a mais ils ne pratiquent que des massages. Clément, se spécialisant en Médecine Physique et de Réadaptation, montre à la femme les exercices pour aider son mari au renforcement musculaire et éviter l’enraidissement ; elle promet de débuter de suite.

Une femme de 37 ans, est amenée d’un petit village, car elle ne peut plus travailler. La peau de son visage est terne et rigide, son nez aplati et elle éprouve des difficultés à parler et avaler. Ses bras et ses mains sont aussi durs qu’un roc, et elle est incapable de bouger les doigts. Sa douleur est intense. Devant moi, ma première patiente atteinte de sclérodermie. Nous la transférons dans le service de Médecine Interne et débutons un traitement antalgique. Une corticothérapie est également débutée bien que ses lésions soient déjà irréversibles. Aux questions posées sur sa famille elle répond : Nous étions quatre filles. Maintenant que je suis malade, il ne reste que trois filles dans ma famille.

Une autre jeune femme a été hospitalisée pour décompensation cardiaque. Son cœur battait comme une queue de mouton et le diagnostic d’insuffisance mitrale sautait aux oreilles. Le Dr Mono désirant la transférer à Phnom Penh, nous parlons chirurgie cardiaque. Je savais que des chirurgiens Français et Américains se rendent parfois à Phnom Penh pour des interventions à cœur ouvert. Il s’avère finalement que ces « offres promotionnelles » ne concernent que les enfants, et seulement certains d’entre eux. Cette femme a immédiatement été transférée à l’hôpital Calmette. Elle y apprit le montant de l’intervention : 5000 dollars.

La journée passe. Après quelques cas de paludisme, nous voyons certains patients atteints d’arthrite. Des radiographies et quelques examens sanguins de routines ; hémogramme, vitesse de sédimentation, recherche de facteur rhumatoïde et anticorps antistreptolysine peuvent être pratiqués. Ce dernier est souvent positif. Les travailleurs des rizières n’ont pas les moyens d’acheter de la pénicilline, et les complications des angines streptococciques – arthrite, endocardite et glomérulonéphrite – sont fréquentes. L’agent responsable du paludisme dans cette région est résistant à la Chloroquine, le seul médicament disponible, et ce depuis des années. La Mefloquine, le médicament efficace est trop chez pour servir où on en a le plus besoin.

La route du retour nous mène au travers de chars à bœufs, motos, mobylettes, chiens, poulets et buffles d’eau revenant à la maison après leur journée de travail. Le transport en commun le plus usité semble la plateforme tractée par une mobylette. Sur ses bancs se tassent une vingtaine de travailleurs, la tête emmitouflée dans un Krama, tissu en coton typiquement Cambodgien les protégeant du vent et de la poussière. Les Cambodgiens l’utilisent aussi pour porter les enfant et les denrées alimentaires et il peut également vous cacher du regard des autres le temps d’une petite sieste.

La douce chaleur d’un après-midi typiquement Indochinois. Le soleil rejoignait l’horizon. J’admirais le paysage se teinter de rose, avec ses rizières, palmiers et maisons sur pilotis. Sur le seuil, des femmes allumaient le feu pour préparer le dîner. Les familles ne tarderaient pas à se réunir en cercle autour du feu en mangeant du riz. J’étais satisfaite de ma journée. Le Dr Mono se révélait désireux d’apprendre. Mon jeune collègue Clément avait été efficace dans la démonstration d’un bon examen clinique. Le dialogue avec nos collègues Khmers, facilité par notre interprète, avait permis des discussions intéressantes. Demain sera un autre jour, suivi d’un autre…

Le 14 février 2008

Anneli Vainio

Professeur attaché (ret.)

Département d’anesthésie,

Université McGill, Montréal, Quebec

annelivainio@excite.com


A day in Svay Rieng (English version from Clément Chéhensse)

Mornings start early in Cambodia. When we left Phnom Penh at five o'clock, it was still dark but the circulation was already fully going on. We were directing ourselves towards Svay Rieng, a little city near the border of Vietnam, south-east from Phnom Penh. We zig-zagged among old Toyotas, trucks, motorcycles and some brand new land cruisers. We had 120 km and about two hours of driving in front of us.

We were four in our old Land Rover: our driver Vanna, the translator Vanna, Clément, a young French physician, and me. This was the first day of our new project, which was to support this provincial hospital in the management of pain. Douleurs Sans Frontières had already trained nearly 300 Cambodian physicians and nurses in the use of analgesics, and now we were switching into the practice. This means that we started supervising the same physicians on their working places, in the regional hospitals around the country.

In a couple of weeks, we would start supporting the Department of Infectious Diseases and open a new Pain Clinic in the Hospital of Svay Rieng. Support means providing appropriate analgesics to patients with pain, and supervising the prescription of those drugs, as we were already doing in five other hospitals in Cambodia. In the departments of Infectious diseases of the hospitals Preah Keat Mealea, the National Pediatric Hospital and Calmette Hospital in Phnom Penh, and the Regional Hospitals of Kampong Cham and Takeo, DSF has also provided help in cleaning and food services. There are two physicians and three nurses in Svay Rieng already trained by DSF. One of the physicians is working in Internal Medicine, the other in the department of Infectious Diseases.

The Regional Hospital of Svay Rieng is similar to other countryside hospitals in Cambodia. It consists of a group of two-floor houses or pavillons surrounded by broad balconies. The windows are large but there are no glasses, and the shutters are always open in order to let fresh air flow into the chambers. These hospitals have been constructed under the colonial time and renovated in the 1980s, but since then they have fallen into disrepair, and their yellow or white color has slowly changed into brownish or black, inside and outside. On the lawns, coconut shells, pieces of cloths and paper, and hundreds of blue plastic bags lay around, and every now and then you can see dogs or chickens in the search of something edible. Sometimes there are also cows or goats passing by the buildings. On the cords stretched between the beautifully flowering trees, you can see a mixture of green cloths and gowns of the operating theatre and the laundry of the patients.

Our partner, doctor Monor, works today in the emergency of the hospital. We step into a long, dark corridor, where patients and families wait in silence, sitting on the benches. On both sides of the corridor there are rooms with six beds in each room. The rusty iron beds are covered with plastic mattresses and straw carpets. Little by little, the patients will occupy them. The beds and the walls have not been washed in years, and the principal way of cleaning up the floors seems to be to sweep them with a hemp broom.

Doctor Moron, a plump man who is somewhat shy and reserved at the beginning but more and more smiling and friendly towards the end of the day, leads us to the first patient. A young man has fallen from a coconut tree two years ago, with a traumatic herniation of intervertebral disc as a consequence. His sciatic never really subsided, and now his leg hurts so much that he had to come to the hospital. We examine the young man and observed an old nerve damage of the L4 level but no new trauma. With doctor Monor, we had a long discussion about the difference in medication in case of neuropathic pain and fresh sciatic syndrome. His superior demands him to use always a combination of four drugs in case of sciatic pain: three different analgesics plus a drug to protect the stomach. We recommended plain amitriptyline (an antidepressive drug used to treat nerve pain) for this chronic neuropathic pain, and promised to discuss about this matter with his boss. For security's sake, we also asked for a new lumbar x-ray.

A 44 years old musician had had a cerebrovascular accident as a consequence of untreated hypertension. He was hemiplegic, but during the four days he had regained some movement in his left leg. The upper extremity was still flaccid and our musician was very depressed because of his lot. His wife seemed to be active and willing to help. We examined the patient and helped him to stand on his feet. This had a positive effect on his mood. We asked whether they had a physiotherapist in the hospital. There were one, but he only was able to do massage. Clément, who was specializing in Physical medicine, taught the wife to do the right movements to help her husband to maintain muscular force et mobility, and she promised to start right away.

A woman of 37 years had been brought from a little village, because she was no more able to work. The skin of her face was dark and hard, her nose was flattened, and she had difficulties in speaking and swallowing. Her arms and hands were hard as a stone, and she was unable to move her fingers. This woman suffered from severe pain. I had my first patient with scleroderma in front of me. We admitted her to the department of internal medicine and started analgesic medication. We also started corticoid treatment, although the changes caused by her disease were already irreversible. When I asked about her family, she said: We were four daughters. Now when I am ill, there are only three daughters left in my family.

Another young woman was hospitalized because of cardiac failure. Her heart was beating like the tail of a sheep, and the diagnosis of mitral insuffiency was clear only by auscultation. Doctor Monor wanted to send her to Phnom Penh, and we discussed about heart surgery. I knew that American and French surgeons come sometimes to Phnom Penh to operate hearts. It was revealed, that these "special offers" only concerned children, and even then it was possible to operate only a small proportion of them. This woman had been already referred to Calmette Hospital. She learned there, that heart surgery would cost about 5000 dollars.

The day went on. After some cases of acute malaria, we also saw many patients with arthritis. It was possible to take x-ray pictures and some simple laboratory tests, e.g. blood sedimentation, blood cell analysis, rheumatoid factor and antistreptolysin. The latter was often positive. People working on rice fields do not have the means to buy penicillin, and the complications of streptococcal pharyngitis - arthritis, endocarditis and nephritis - are common. The causal factor of malaria in this region has been resistant to Chlorokine for years, and this is the only medication available. Meflokine, the effective drug, is too expensive to be used where it would really be needed.

On our way back home we were driving among bull-driven charts, motorcycles, mopeds, dogs, chickens and water buffalos that returned home after their working day. The commonest transport means seemed to be a platform driven by a moped. On its benches traveled about twenty workers, who had wrapped a krama around their heads. Krama is a typically Cambodian cotton cloth which protects from wind and dust. The Cambodians also use the krama to carry babies and alimentary products, and it can protect you also from the regards of others if you feel like taking a little nap.

It was a sweet, hot afternoon typical to the Indochina. The sun was going down. I admired the pink-colored landscape, its rice fields, palm trees and houses on pillars. In front of the houses, women were lighting fires to prepare supper. Families would soon gather in circles around the fires to eat rice. I was content with my day. Doctor Monor seemed to be eager to learn. My young colleague Clément had been effective in demonstrating how to do a good clinical examination. It had been easy to discuss with our Khmer colleagues with the help of our translator, and these discussions had been interesting. And tomorrow there would be another day, and then another…

The 14th February 2008

Anneli Vainio

Associate professor (ret.)

Dept of Anaesthesia,
McGill University, Montreal, Qc

annelivainio@excite.com



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L'équipe DSF-Cambodge et ses projets



De gauche à droite :

En haut : Piseth (pharmacien), Gwënola (pédiatre), Vanna (traducteur), Marion (pharmacienne), Samhat (comptable), Josselin (stagiaire en informatique), Heung et Vanna (chauffeurs)
En bas : Clément (médecin), Carole (infirmière), Céline (responsable des programmes), Chakrya ((traductrice), Katell (médecin coordinateur), Norn (femme de ménage), Meng (adminstrateur et Notre "Mac Gyver" du Cambodge)


Nouvelles perspectives pour la mission Cambodge…

Après avoir oeuvré pour DSF durant 6 années, Mme AUK Phany, responsable des programmes, a quitté le navire le 31 décembre 2007 pour d’autres aventures.

Phany a insufflé la reconnaissance de DSF auprès des institutions publiques et de différents partenaires, et a également joué un rôle important dans le développement du programme de la mission DSF-Cambodge au fil du temps. Nous n’oublierons pas son professionnalisme et sa volonté de perfectionnisme. Toute l’équipe DSF France et Cambodge la remercie pour le temps et l’énergie qu’elle a donnés pour le programme durant toutes ces années. Nous ne l’oublierons pas et lui souhaitons bonne chance pour ses nouveaux projets professionnels…

Le départ de Phany et l’extension des activités depuis début 2007 implique une restructuration de la mission Cambodge. Ainsi, nous tenons à vous présenter la nouvelle équipe :

L’équipe administrative :

- Melle Céline LEBOST : Assistante de coordination depuis février 2007 et responsable des programmes par intérim depuis le 1er janvier 2008

- Mr LIM Meng : Responsable financier, administrateur et logisticien, en poste depuis mars 2002

- Mr NGEAN Sam Ath : Comptable et assistant financier, en poste depuis juin 2006

Le renforcement de l’équipe médicale et paramédicale avec :

- Dr Katell MENARD : Médecin Coordinateur en poste depuis septembre 2007 et référent sur les sites de la capitale

- Dr Clément CHEHENSSE : Médecin référent sur les sites en province (janvier à août 2008)

- Dr Gwënola RIDEAU : Pédiatre référent (janvier à mai 2008)

- Melle Carole MALLET : Infirmière référente (janvier à juillet 2008)

- Mr SENG Panapiseth : Pharmacien référent, responsable de la pharmacie centrale, en poste depuis octobre 2005

- Melle CHHIM Socheata : Pharmacienne référente à l’USP de l’hôpital Preah Ket Meala, en poste depuis mai 2007

Les incontournables mais indispensables… :

-Melle CHHIT Chakrya : traductrice, en poste depuis avril 2007

- Mr YI Borem : Travailleur social depuis février 2004 à l’USP de l’hôpital Preah Ket Meala, et désormais informaticien référent depuis janvier 2008

- Mr KHIM Vanna : Chauffeur depuis janvier 2005

- Mr SEM Hoeung : chauffeur depuis août 2004

A cette nouvelle équipe jeune et dynamique vont prochainement venir s’ajouter :

- Melle REJEAUNIER Marion : Pharmacienne en mission d’expertise pendant 3 mois à partir de février

- Mr COULOMB Josselin : Stagiaire ingénieur en informatique de février à avril prochain

- Mr EK Vanna : Traducteur pour les missions en province principalement

Le programme d’activités de DSF est défini en étroite collaboration avec les autorités locales représentées notamment par le NCHADS (National Center for HIV/AIDS, dermatology and STI).

En 2008, le NCHADS souhaite que DSF suspende temporairement la formation théorique : 282 infirmièr(e)s et médecins cambodgiens travaillant à Phnom Penh et en province sont déjà formés à la prise en charge de la douleur. L’objectif est de permettre à ces soignants d’acquérir au plus vite la pratique aussitôt la formation théorique achevée.

Notre programme sera donc orienté vers l’ouverture de nouveaux sites de prise en charge de la douleur et soins palliatifs, en hospitalisation et en consultation douleur.

Début 2007 se sont ouverts les premiers sites en province : Kampong Cham, Takhmao, où DSF fournit des antalgiques et un appui technique auprès des soignants.

En 2008, DSF projette d’étendre nos activités dans 6 sites, à Phnom Penh et en province : DSF fournira les antalgiques dans des services recevant des patients VIH ou cancéreux et ouvrira des consultations douleur dans des hôpitaux provinciaux et de district pour permettre une meilleure accessibilité des soins aux patients résidant loin de la capitale.

En parallèle l’équipe DSF s’est fixée 3 priorités pour 2008 :

1- en collaboration avec le NCHADS et le « Department of Drugs and Foods » du Ministère de la Santé, travailler ensemble à l’approvisionnement en antalgiques par le Ministère de la Santé Cambodgien, prioritairement sur les sites où les gens ont été formés à l’évaluation et au traitement de la douleur

2- Utiliser au maximum les compétences des formateurs nationaux pour démultiplier nos actions sur Phnom Penh et en province. Les expatriés en longue mission vont travailler à rendre autonome les soignants afin de pérenniser les activités mises en place.

3- 3ème challenge et non des moindres… La recherche de nouveaux financements en vue d’assurer la viabilité du programme et des projets en cours… et d’autres dans les années à venir.

La mission Cambodge a donc un vaste programme pour l’Année 2008 …

Bon courage à Tous

Céline LEBOST

Responsable des programmes

et Katell MENARD

Coordinateur Médical

Le 04 février 2008

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Revenir au Cambodge



10 mois jour pour jour après avoir quitté Phnom Penh, je suis de retour au Cambodge pour une mission mais de courte durée cette fois. Il s’agit bien d’un retour car j’ai eu la chance de travailler un an comme médecin coordinateur pour Douleurs sans Frontières au Cambodge entre Janvier 2006 et Février 2007.

Revenir, c’est une grande joie pour moi, cela veut dire retrouver les odeurs, les couleurs, l’ambiance de Phnom Penh, mais aussi et surtout revoir les gens que j’ai côtoyés au jour le jour pendant un an et observer l’évolution des projets sur le terrain.

Dès mon atterrissage à l’aéroport de Ponchentong (aéroport de Phnom Penh) me voilà plongée dans l’atmosphère animée de la ville. Sur la chaussée, je retrouve des mobylettes circulant dans tous les sens, des camions surchargées et toutes sortes de carrioles roulantes. Sur les trottoirs, les petits marchands de tout et rien côtoient les tables des bouis-bouis de rue, les réparateurs de moto sont installés à coté, des marchands d’essence au litre (dans des bouteilles de soda) ou des vendeurs d’aliments en tout genre (pain, pâtés chinois, fruits tropicaux). Je retrouve également cette chaleur moite qui vous colle à la peau.

Dès le lendemain matin, je prends le chemin de l’unité de soins palliatifs à l’hôpital Preah Ket Meleah. Cette première semaine, ma mission consiste à encadrer des stagiaires médecins. Ces médecins ont suivi les cours théoriques du diplôme universitaire (DU) sur la prise en charge de la douleur pendant 2 années universitaires et ils effectuent maintenant leur stage pratique. Ils participent à la première promotion du DU douleur organisé conjointement par l’université Paris VII, la faculté de médecine de Phnom Penh et DSF. La première partie de leur stage ils l’ont effectué il y a quelques semaines à l’hôpital pédiatrique. L’objectif du stage est de mettre en pratique ce qu’ils ont appris au cours de leur formation, de les aider à améliorer leur prises en charge des patients douloureux (évaluation et traitement). C’est également de leur faire appréhender les problématiques de la prise en charge des patients en fin de vie. Chaque médecin se voit attribuer un patient qu’il suit au jour le jour. Il est chargé de l’interroger, de l’examiner et de présenter à ses collègues l’observation clinique concernant ce patient. Avec Katell Ménard (médecin coordinateur de DSF-Cambodge), nous avons choisi les patients. Certains sont atteints de cancer, un patient de 41 ans a un cancer de l’estomac et présente beaucoup de douleurs et de gêne digestive, une dame de 73 ans a un cancer du pancréas avec de fortes douleurs abdominales. D’autres ont le SIDA, une jeune femme de 30 ans .présente des douleurs neuropathiques des membres inférieures dues à un des médicaments de la trithérapie. Les douleurs neuropathiques sont des douleurs dues à des lésions nerveuses, très invalidantes et relativement difficiles à soulager. Elles sont fréquentes au Cambodge, notamment chez les patients atteints par le SIDA. Elles sont liées à la fois au virus du SIDA et à la fois à certains médicaments de la trithérapie. Enfin, d’autres patients présentent des douleurs d’origine rhumatologique : fracture du col du fémur, lombalgies et tassement de vertèbres. Tous ces patients représentent un échantillon relativement représentatif du type de douleur des patients cambodgiens.

Cette semaine, j’encadre 6 médecins. Certains d’entre eux travaillent dans des consultations douleurs à Phnom Penh ou en province et ont déjà une certaine expérience sur le sujet. Pourtant il est toujours très formateur, même pour eux, de revoir des choses aussi importantes que l’interrogatoire et l’examen d’un patient. Les médecins khmers font souvent des diagnostics d’interrogatoire et prennent peu le temps d’examiner les patients. C’est l’occasion de leur ré-expliquer notamment l’examen neurologique (c'est-à-dire du système nerveux) d’un patient. Ils prennent beaucoup de soin à interroger finement leur patient et à préparer leur observation clinique. Je me rends compte qu’ils ont au cours de ces 2 ans d’enseignement réellement acquis des compétences et des habitudes de travail pour réaliser les observations de leurs patients. En Février 2006, lorsque j’avais recruté ces médecins pour le DU, aucun d’entre eux ne m’avait présenté une observation clinique concise et complète. Quel progrès ! Les présentations de ces cas de patients donnent lieu à de véritables discussions, sur les diagnostics et traitements mais aussi des questionnements éthiques (par exemple sur les indications de transfusion de sang ou de geste opératoire chez des patients en fin de vie). J’observe que ces médecins ont un réel désir d’apprendre, de bien faire, de prendre en charge correctement leurs patients douloureux. Ils sont aussi prêts à participer et à s’exprimer lors d’une discussion avec leurs collègues. Leurs progrès en 2 ans de formations sont réels. Cela me fait extrêmement plaisir.

Cécile BERNARD

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Stages pratiques infirmiers


Photo E.Zerbini

Encadrement des Infirmières et Infirmiers des Hôpitaux de la province et de la capitale Cambodgienne, du 5 novembre au 7 Décembre 2007 à Phnom Penh.

20 infirmièr(e)s sont venu(e)s de Battambang (seconde ville du pays), de Kompong Cham (à 80 km au nord de Phnom Penh), de Takeo (50 km au sud de la capitale), de Svay Rieng (près de la frontière vietnamienne en direction d’Ho Chi Minh), de Kandal, mais aussi de Phnom Penh (des services soutenus pas Douleur sans Frontières, Médecine B à l’hôpital Calmette, soins palliatifs à l’hôpital Preah Kèt Mealea et Médecins du Monde).

Pour chacun, le stage a duré une semaine et se déroulait en médecine B ou en soins palliatifs. Il était encadré par Eric ZERBINI, cadre de santé de Douleurs sans Frontières.

Le programme de formation était axé sur l’évaluation et la prise en charge de la douleur bien sûr mais aussi sur la nécessaire prise en charge globale du malade, de son confort, des soins du corps, hygiène corporelle et environnementale ainsi que des nécessaires transmissions orales et écrites autour des informations recueillies.

Le stage pratique était organisé prioritairement le matin tandis que l’après midi était réservé à la formation théorique, aux échanges d’expériences, au débat autour de séquences vidéo. Des jeux de rôles sont venus également ponctuer les séances.

Les infirmièr(e)s avaient déjà été formé(e)s dans les mois précédents en cours magistraux grâce à l’enseignement en quatre modules organisé par DSF, (base neurophysiologique – évaluation – traitement de la douleur – douleurs du SIDA – soins palliatifs) qui leur donne une solide base théorique non acquise durant la préparation de leur diplôme.

Le stage se veut un apport beaucoup plus pratique dans le cadre d’une approche du malade dans les soins directs. DSF insiste bien sur l’enseignement à transmettre aux collègues après le stage mais aussi aux familles des malades présentes dans ce pays à leur chevet 24 heures sur 24.

L’orientation du stage est aussi centré sur les soins palliatifs en raison de la présence de nombreux malades souvent jeunes et en fin de vie dans les services hospitaliers du Cambodge, porteurs du SIDA et sa multitude de maladies opportunistes associées à des douleurs et des symptômes inconfortables spécifiques.

Ainsi les infirmièr(e)s se sont familiarisé(e)s avec la pratique des soins de bouche, la lutte contre la sécheresse buccale, les soins des nombreuses candidoses et autres infections. Sans stage, ce soin reste théorique alors qu’il est primordial, il est laissé aux familles qui le font de manière empirique alors qu’il nécessite traitement, tact, dextérité. Celles-ci n’ont pas les moyens ni les compétences des infirmièr(e)s, bien que… Il suffit parfois de les observer pour remarquer une ingéniosité à développer vers les autres familles par exemple prendre un peu de liquide dans un verre à l’aide d’une paille que l’on bouche ensuite avec le doigt, puis verser régulièrement sur les dents ou dans la bouche du parent malade en ouvrant la paille.

Les massages antalgiques et les soins de confort ont fait l’objet d’un développement spécifique ; les cours du kinésithérapeute de DSF, Stefan ont été relayés dans la pratique. Le toucher et le massage des malades alités, avec la prévention des escarres étaient effectués pour la première fois par les stagiaires.

Pour des raisons que l’on ne peut formuler que par hypothèse, les malades du Cambodge n’ont que peu d’escarres, comparé à ce que l’on voit en France, mais ils existent quand même ! On remarque aussi des altérations de la peau par souillure ; quand les malades n’ont pas de famille, ils ont tendance à rester isolés. Est-ce l’habitude des plans durs de couchage ? Une peau plus épaisse, plus tannée ? Moins de tissu graisseux ? Une présence plus importante des familles à même de changer fréquemment la position des malades ? où l’ensemble ?

La prise en charge de la douleur a été bien expliquée aux malades par l’ensemble des stagiaires, avec professionnalisme. J’ai été surpris par le fait que tous les malades questionnés donnaient une évaluation valide de leur douleur, à l’E.V.A. Pour l’E.V.S., sa méthode d’utilisation en utilisant les doigts de la main comme support est aussi bien répandue au Cambodge. Reste l’hétéro évaluation ; les stagiaires se sont bien familiarisés avec celle-ci en utilisant notamment l’échelle comportementale « E.C.P.A. »chez l’adulte, plus appréciée que la « DOLOPLUS » car elle prend en compte davantage la douleur à l’occasion des soins et des changes infirmiers. Comme peu de malade relevaient de l’hétéro évaluation, un jeu de rôle a été mis en place pour pouvoir l’utiliser en équipe. L’interprétation a fait l’objet de discussion animée car il faut être bon comédien pour mimer toutes les expressions du malade quand on n’a pas de douleur !

D.S.F. a donné aux services hospitaliers, des appareils de neurostimulation, grâce aux dons du laboratoire « SCHWA – MEDICO » et nous les en remercions. L’utilisation de l’appareil était préparé en atelier ensuite, nous avions pour objectif de développer le réflexe chez les soignants de la pose du neurostimulateur en réfléchissant aux malades qui pourraient en bénéficier : La douleur neurogène notamment les polynévrites chez les malades sous A.R.V. ainsi que les polyarthrites ou les douleurs cataloguées comme telles sont fréquentes au Cambodge.

Enfin, les soins plus courants ne sont pas exclus du stage car ils font partie intégrante du confort du malade, à commencer par l’environnement et l’hygiène générale des services de soins en évitant par exemple les concentrations alimentaires dans les tables de nuit où sous le lit du malade, en enseignant le balayage humide des chambres, en effet, la tuberculose est une maladie fréquente hors et avec le SIDA….et la poussière, une entité difficilement évitable ! De plus et jusqu’à présent, ces malades ne sont pas regroupés. Le nettoyage bactériologique du sol avec la technique des deux sceaux, fait aussi partie de la panoplie ; enseigner aux infirmières mais aussi aux médecins que l’hygiène les concerne.

Revoir la pose des perfusions de manière aseptique en désinfectant la peau avec de la bétadine - quand elle existe sur les sites - afin d’éviter les lymphangites, éviter aussi autant que faire se peut de planter les aiguilles dans les flacons en guise de prise d’air, penser au pansement alcoolisé lorsque la lymphangite est déclarée au lieu de les laisser évoluer seules, enseigner aux étudiants en médecine qu’ils ne doivent pas recapuchonner une aiguille, autant de petits gestes de vigilance à renouveler tous les jours.

Nous avons porté une attention particulière aux transmissions écrites et orales, que doit-on transmettre ? Surtout lorsque les supports écrits existent mais ne sont pas utilisés, notamment la feuille nationale élaborée par le bureau des infirmières et sages femmes. Problème de motivation, de difficulté de retranscription, de charge de travail y compris dans le relevé des transmissions ordinaires notamment les fin de semaine, les jours fériés qui sont nombreux au Cambodge et durant la garde (14 heures – 8 heures).

Durant ce mois de novembre, les malades ont été grandement sollicités et dans la majorité des cas ils ont bien apprécié les soins qu’on leur prodiguait, surtout que l’équipe des stagiaires du Cambodge a été renforcée par l’équipe des stagiaires étudiants en soins infirmiers de l’I.F.S.I. de DREUX durant quatre semaines.

Nous avons essuyé quelques refus de soins, notamment pour les soins de bouche, trop de fatigue ou trop douloureuse pour supporter un soin. Cela a aussi servi d’exemple et nous a amené à débattre de l’éthique au lit du malade : le respect de la volonté du patient.

Phnom Penh le 17 décembre 2007

Eric ZERBINI

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Leçons apprises...


Leçons apprises…

Je repars grandie de Phnom Penh après 3 semaines de mission à l’Hôpital National Pédiatrique (National Pediatric Hospital-NPH). En effet, cette deuxième mission s’est avérée fort enrichissante tant sur le plan des connaissances que des expériences de vie. Le contact avec les petits patients, leurs familles et les soignants fut très différent de ce que j’ai l’habitude d’observer à Montréal. Ce n’est pas toujours facile en raison des différences culturelles mais d’autant plus intéressant pour nous tous. Je crois qu’apprendre directement sur le terrain permet vraiment d’intégrer les connaissances apprises en formation magistrale par la participation active des soignants.

Cette fois-ci, 1 an après ma première mission d’enseignement sur la prise en charge de la douleur chez l’enfant transmis aux médecins et infirmiers Khmers, j’avais comme objectif principal l’encadrement du personnel soignant afin de continuer le démarrage des activités de prise en charge de la douleur au NPH. Ainsi, notre petite équipe - composée d’un médecin de DSF (Dr K. MENARD : médecin coordinateur ou Dr P. ROHRLICH : pédiatre), de médecins Khmers qui suivaient un stage de formation en pédiatrie sur la prise en charge de la douleur chez l’enfant (dans le cadre du Diplôme Universitaire) et notre interprète – nous rendions de service en service afin d’aider les soignants à repérer et traiter des enfants douloureux. Nous réalisions donc des petites sessions d’enseignements sur place en fonction des cas qui se présentaient à nous, et nous assurions, en collaboration avec l’équipe de soignants des différents services, le suivi des patients pour le traitement de la douleur. Bien que l’évaluation de la douleur et la continuité des traitements ne soient pas toujours facile compte tenu de la réalité du service, nous avons été agréablement surpris de l’engagement de certains médecins et infirmiers qui assuraient la poursuite des soins. Je crois sincèrement qu’au travers de ces visites, mes échanges avec les soignants et les familles furent mutuellement enrichissants. Ceux-ci nous ont fait part de leurs besoins et une belle relation de travail collectif s’est établie. En 3 semaines j’ai pu constater une différence dans les soins et j’ai été témoin de belles initiatives. Avec l’intégration prochainement d’un pédiatre à l’équipe locale de DSF afin de permettre la poursuite des activités de consultations de prise en charge et du traitement de la douleur au NPH, je crois que les objectifs de l’association pourront être atteints. J’espère d’ailleurs pouvoir revenir l’an prochain afin de constater les progrès… et revoir les médecins et infirmiers travaillant dans les services que j’ai visité régulièrement, et avec qui j’ai collaboré durant toute la durée de ma mission.

Merci à l’équipe locale de DSF, soit à Katell, Céline, Chakrya, Meng, Piseth, Phany, Vanna, Heun, Sam Ath et aux expatriés, Éric et Pierre avec qui j’ai pu travailler et partager de beaux moments.

À la prochaine!

Lea heuy
Manon Ranger

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Stage d'eleves infirmiers au Cambodge


Depuis novembre et ce jusqu’à fin décembre, la mission DSF-Cambodge est marquée par le passage de nombreux expatriés en missions courtes. Les activités sont variées et chacun apporte son expérience et ses compétences au profit de la formation des soignants khmers. Eric ZERBINI, intervient bénévolement pour DSF en effectuant deux missions annuelles (de 2 mois chacune) depuis déjà six ans. En parallèle, il est à l’origine de la venue, tous les ans, de stagiaires infirmiers de l’IFSI de Dreux, accompagnés d’une formatrice. Aujourd’hui, la parole est à ces stagiaires arrivés au terme de leur séjour et qui nous présentent leurs observations, remarques et impressions.

Nous sommes trois étudiants infirmiers venant de l’Institut de Formation en Soins Infirmiers (IFSI) de Dreux et effectuons un stage de solidarité internationale au Cambodge pour une période d’un mois.

Suite aux différents échanges avec les anciens étudiants ayant réalisé ce stage l’année dernière, et nos propres représentations, nous nous attendions à trouver une hygiène relative dans le service de médecine de l’hôpital Calmette à Phnom Penh. Nous avons été agréablement surpris par l’entretien quotidien réalisé par les kamacors (personnel d’entretien) du service : balayage humide du sol, nettoyage des vitres, joints des carreaux du carrelage, etc.

Nous avons également pu constater que les techniques de lavage de mains proposées par les précédents étudiants de l’IFSI de Dreux, et adaptées aux moyens locaux, étaient toujours appliquées.

Lors de notre premier jour, nous avons assisté aux transmissions qui, à notre plus grand regret, étaient effectuées essentiellement en khmer. Nous avons alors été déstabilisés car nous pensions que les soignants maîtrisaient plus le français. Cela a également pu être ressenti lors d’explications ou de présentations de différentes pathologies.

Lors des visites médicales, nous avons pu bénéficier auprès des médecins, d’explications en français des pathologies, de leur évolution et de leur traitement : ce qui nous a permis de mieux comprendre la situation générale du patient, avec l’aide de sa famille, des étudiants infirmiers locaux et des internes en médecine qui ont été nos interprètes.

Grâce à ces échanges quotidiens, nous avons pu mener à bien différents soins, à savoir : soins de bouche, massages (prévention d’escarre), sensibilisation des étudiants et de la famille à l’importance de ces derniers. Nous avons constaté que les étudiants y étaient réceptifs, posaient beaucoup de questions et ont réalisé eux-mêmes régulièrement ces soins.

Ces échanges avec nos pairs locaux ont favorisé non seulement notre intégration au sein du service mais ont également permis de confronter des conceptions de soins différentes.

Contrairement à la France les infirmiers n’ont pas de rôle propre clairement défini, mais surtout un rôle sur prescription médicale, d’où le référencement systématique vers les médecins. De plus, le respect de la hiérarchie est beaucoup plus contraignant. Par exemple, nous voulions effectuer un soin de bouche chez un patient qui semblait présenter une mycose buccale à type de candidose. Nous avons alors demandé conseil à l’interne quant aux produits à utiliser. Ce dernier s’est aussitôt orienté vers son médecin référent pour obtenir une prescription médicale.

Par ailleurs, la prise en charge de la douleur est également bien observée. Une jeune patiente de 14 ans, atteinte d’un lupus érythémateux diffus et majeur, s’est plainte de douleurs. Devant une EVA à 9/10 (EVA : Echelle Visuelle Analogique) et après plusieurs échanges au sein de l’équipe quant à l’attitude thérapeutique à adopter, l’équipe médicale a décidé de prescrire de la morphine, difficilement accessible dans les institutions sanitaires publiques. Un des médecins ayant validé la formation douleur enseignée par DSF, il a pu honorer rapidement cette prescription de morphinique afin de soulager au plus vite la patiente de ses douleurs nociceptives… d’autant qu’en amont, elle était déjà soulagée par RIVOTRIL pour des douleurs neurogènes.

Il est vrai que nous nous sommes également interrogés sur le fait que les patients présentent peu ou rarement d’escarres… sachant que les patients hospitalisés en longue durée, restent la plupart du temps alités et que la majorité d’entre eux dort directement sur un plan dur recouvert seulement d’une natte (dans le respect de leur mode de vie habituel). A ce jour, nous n’avons pas pu réellement trouver de réponses concernant nos interrogations sur la faible prévalence des escarres. Cependant, peut-être pouvons-nous émettre quelques hypothèses :

1) Est-ce en lien avec des conditions de vie difficiles mais habituelles ?

2) Est-ce dû à une meilleure alimentation tant en quantité qu’en qualité pendant la durée de l’hospitalisation ?

3) L’implication de la famille dans les soins de confort joue-t-elle un rôle ?

Nous avons aussi remarqué que les fenêtres des chambres des patients ne sont pas dotées de rideaux et le plus surprenant, c’est que les familles ou toute autre personne ouvrent ces fenêtres et regardent de l’extérieur les soins réalisés par les soignants. Toute cette proximité a bouleversé nos valeurs et nos concepts (confidentialité, intimité, pudeur, mixité hommes-femmes dans les chambres).

Pour conclure, ce stage réalisé dans un pays étranger a été enrichissant autant humainement que professionnellement. Il nous a permis de nous confronter à un autre mode de vie que celui que nous connaissons, et aussi à un autre savoir-faire.


Photo / De gauche à droite : SCOUARNEC Yoan, Agnès MANOUVRIER
(Formatrice accompagnatrice), SALLIOT Florence, SAUTIERE Stéphanie

Le 04 décembre 2007.

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Formation Kiné à Phnom Penh



A report on the DSF physiotherapy teaching programme


Having worked as a physiotherapist at Preah Ket Melea hospital for around three and a half months I have witnessed that the use of non-medical techniques to control pain is minimal. I believe that this is partly due to the lack of training in such techniques and also because of the poor quality and lack of physiotherapy referrals from the doctors. I have put together a teaching programme aiming to increase the knowledge about the different forms of non-medical techniques that are available through physiotherapy in the hope that more physiotherapy prescriptions be made. The lessons are taught using a combination of theory and practical where the participants are given the chance to practice using some of the techniques on each other. The participants are a combination of doctors and nurses and although they are not expected to be performing the techniques in practice, I hope that experiencing the techniques themselves will help them to identify when a patient may possibly benefit from one of the techniques. The teaching programme takes place in the afternoon over five days and will take place at Preah Ket Melea and Calmette Hospitals. The participants at each hospital have been split equally into two multi-disciplinary groups resulting in two sets of training at each hospital. A different physiotherapist from each of the hospitals will be used in each set of training to help me deliver the teaching through demonstration. I hope that their involvement will not only help to increase their communication with the rest of the medical team but will also act as a refresher course for their own development. The topics for teaching are as follows: the role of the physiotherapist, a physiotherapist’s assessment, the physiology behind pain management, massage, breathing relaxation, respiratory positioning, respiratory manual techniques, passive movements, exercise, lymphoedema care, cryotherapy, heat therapy and TENS. The first set of participants at Preah Ket Melea Hospital received their training last week. The training was very well received from all participants with a genuine interest being shown through discussion and active participation in learning the techniques. All participants believed that these techniques would be of benefit to the patients in their hospital and already more patients have been prescribed for physiotherapy. A method of referral must now be put into place for the doctors that work in other departments of the hospital. I hope that the preceding groups will show the same levels of motivation. Once the teaching is complete; an evaluation of the method of physiotherapy referral throughout both hospitals will take place and a better method of prescription will be put into place if needed.


Stefan Latanowski (Physiotherapist) 30/10/07



Rapport du programme de formation en kinésithérapie

Travaillant comme kinésithérapeute au sein de l’unité de soins palliatifs de l’hôpital Preah Ket Meala à Phnom Penh depuis environ 3 mois et demi, j’ai pu constater que les techniques non médicamenteuses dans le traitement de la douleur étaient peu utilisées. Je crois que ceci est en partie dû à un manque de formations concernant ce genre de techniques, à des techniques prodiguées de mauvaise qualité, et également au manque de prescriptions de kiné par les médecins. J’ai mis en place un programme de formation afin d’améliorer les connaissances sur les différentes formes de techniques non médicamenteuses pouvant être délivrées par les kinés et dans l’espoir que plus de prescriptions en kinésithérapie soient réalisées. L’enseignement a été délivré en utilisant à la fois la théorie et la pratique permettant aux participants de mettre en pratique certaines des méthodes enseignées. Les participants sont des médecins et des infirmiers et bien qu’ils ne pensent pas mettre ces techniques en pratique, j’espère pour ma part qu’en expérimentant les techniques par eux-mêmes, cela les aidera à identifier la nécessité pour un patient de bénéficier de l’une de ces techniques.

Ce programme d’enseignement a lieu tous les après-midi à l’hôpital Preah Ket Meala ainsi qu’à l’hôpital Calmette où intervient DSF. Les participants de chaque hôpital ont été dispatché en deux groupes de 10 soignants chacun. Deux sessions d’une semaine sont organisées dans chaque hôpital. Pour chaque session d’enseignement, un kiné de chaque hôpital m’aide à réaliser des démonstrations. J’espère que leur participation n’aidera pas seulement à améliorer la communication avec le reste de l’équipe médicale, mais que ce stage de remise à niveau leur permettra également de mettre en valeur leurs propres compétences. Les sujets abordés sont les suivants : rôle du kiné, évaluation par le kiné, physiologie derrière la gestion de la douleur, massage, relaxation respiratoire, positions respiratoires, techniques manuelles respiratoires, mouvements passifs, exercice, soins de lymphoedème, cryothérapie, thermothérapie et TENS.

La première session de formation a eu lieu la semaine dernière auprès du personnel de l’unité de soins palliatifs de l’hôpital Preah Ket Meala. Elle a été particulièrement bien perçue par l’ensemble des participants qui ont montré un véritable intérêt à travers des discussions et une participation active dans l’apprentissage des techniques. Tous les participants sont persuadés que ces techniques seraient bénéfiques aux patients dans leur unité et nous pouvons d’ores et déjà noter une nette progression des prescriptions de kiné. Une méthode de référencement doit maintenant être mise en place à destination des médecins travaillant dans d’autres services de l’hôpital. J’espère que les prochains groupes montreront autant d’intérêt et de motivation. Une session est terminée : une évaluation des méthodes en kinésithérapie référées au sein de ces deux hôpitaux aura lieu et une meilleure méthode de prescription sera mise en place si nécessaire.


Traduit du texte original

de Stephan Latanowski (kinésithérapeute)

Le 30/10/2007

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Fin de mission



Le Cambodge, pays des temples d’Angkor et de la mousson. Amoureuse de cette région depuis un voyage en 2003 qui a été un véritable coup de foudre, je rêvais de venir y travailler. Grâce à DSF, ce rêve est devenu réalité.

Ma mission de médecin coordinateur a duré 9 mois, le temps d’une grossesse comme me l’ont fait remarquer certains. C’était la première fois que je travaillais à l’étranger, et ce fut un peu court pour réussir à m’imprégner de toute l’atmosphère d’une telle mission. Entre la coordination médicale, le travail clinique et toutes les autres tâches, mon cœur a bien balancé.

Je suis d’origine suisse, un pays confiné où le luxe et la propreté ne sont pas une légende. Ici, j’ai découvert la misère au quotidien, les petits enfants qui m’accueillaient chaque jour en bas de mon escalier pour quémander quelques sous. J’ai aussi connu les voitures scintillantes des nouveaux riches cambodgiens. Le Cambodge est le pays de tous les contrastes.

Mon travail dans quatre hôpitaux différents a été d’une grande richesse. J’ai rencontré des patients, des médecins et des infirmières. Tous m’ont apporté un regard neuf sur ma façon de penser. J’ai croisé des regards, j’ai été émue par des sourires.

Ma mission touche à sa fin. Je goûte aux dernières odeurs, j’écoute les derniers bruits de la ville. Bien que je sois déjà un peu en Suisse, une partie de moi restera toujours au pays des khmers.

Stéphanie Bürki, le 23 septembre 2007

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Actions Cambodge 2007



Phnom Penh, le 28/09/2007

Activités cliniques

DSF intervient sur la prise en charge de la douleur et les soins palliatifs à Phnom Penh à l’hôpital Calmette– Service de Médecine B (médecine générale – 55 lits) et l’unité de Soins Palliatifs de Preah Ket Mealea, hôpital militaire (33 lits).
Les activités de DSF sur ces sites de Phnom Penh sont stables tant en hospitalisation qu’en consultation. Certes, il reste encore beaucoup de choses à mettre en place pour améliorer la prise en charge globale des patients et ce soutien technique demande du temps et des compétences. Mais l’évolution de la qualité des soins reste flagrante si on fait le parallèle avec les débuts de ces activités en 2003.
Depuis début 2006 et dans le cadre de l’extension de ses activités en province, DSF intervient à l’hôpital provincial de Kampong Cham – Service de maladies infectieuse à 2 heures de route de la capitale. Si la capacité d’accueil est officiellement de 20 lits, 30 à 354 patients sont accueillis dans cette unité, obligeant l’équipe de soins à installer des lits de fortune à l’extérieur du service. La prise en charge de la douleur concerne en moyenne 12 patients par mois soit environ 36% des patients hospitalisés.

La consultation douleur ouverte depuis février 2007, assurée par une équipe locale formée, est ouverte 4 après-midis par semaine et enregistre une moyenne de 60 consultations par semaine contre 70/mois au début de cette activité au premier trimestre 2007.
DSF s’est également implantée en début d’année à l’hôpital provincial de Chey Chumneas à Takmao – province de Kandal (Médecine générale – 35 lits) à la périphérie de Phnom Penh. Si la prise en charge de la douleur en hospitalisation reste encore difficile à mettre en place, l’ouverture de la consultation 4 après-midi par semaine est assurée par une équipe soignante formée et a enregistré très vite une capacité d’accueil croissante atteignant 150 consultations en juillet.

Le 20 septembre, nos deux médecins coordinateurs se sont rendus à l’hôpital provincial de Svay Rieng, (3éme site en province à 3 heures de Phnom Penh) pour développer nos activités cliniques dans cet hôpital et assurer un soutien technique. L’un des médecins de cet hôpital ayant reçu la formation douleur « adultes et enfants », il assure déjà la distribution d’antalgiques dans le service de maladies infectieuses (8 lits) et en pédiatrie (22 lits). Aucune consultation douleur n’est encore ouverte sur ce site.

Des pourparlers sont en cours avec les instances locales pour débuter une activité de formation du personnel hospitalier ainsi que l’ouverture d’une consultation à l’hôpital national pédiatrique courant novembre.

Formation

La formation théorique est en stand-by pour le moment. L’activité devrait redémarrer en octobre prochain.

Les sites tels que l’unité de soins palliatifs de Preah Ket Meala et l’unité de Médecine B de l’hôpital Calmette ayant aujourd’hui acquis un niveau de terrain de stage suffisant, ils peuvent désormais accueillir des stagiaires : 5 infirmiers ont été reçus en stage pratique en août, 13 médecins ont été reçus en stage pratique en août-septembre, deux autres sessions d’une dizaine de stagiaires médecins sont programmées pour cette dernière quinzaine.

Sur tous les sites, nos deux médecins coordonnateurs accompagnent les équipes soignantes dans la prise en charge globale du patient et de la douleur et les indications éventuelles de soins palliatifs.

Workshop annuel

Le workshop annuel s’est déroulé le 1er août. Présidé par Alain SERRIE, il a réuni 176 participants au total. Ce fut l’occasion de remettre leur diplôme à 106 praticiens médecins et infirmiers ayant reçu la formation douleur adulte ou pédiatrique. 200 t-shirts « spécial workshop » ont été imprimés et distribués.

Recommandations nationales

Le guide national pour la prise en charge de la douleur a été imprimé en 1500 exemplaires et est en cours de distribution auprès des médecins ayant suivi la formation.

Promotion

100 t-shirts avec le logo de DSF ont été imprimés la semaine dernière.

Plan d’action pour les semaines à venir

- Phase de préparation pour la deuxième promotion du Diplôme universitaire

- Mise en place de l’activité de prise en charge de la douleur chez l’enfant à l’hôpital national pédiatrique.

Mouvements internes

Stéphanie BURKI, le médecin coordinateur actuellement en poste depuis 9 mois termine sa mission à la fin du mois. A peine descendue de l’avion, son successeur, Katell MENARD, n’a pas eu beaucoup le temps de se reposer. Elle a commencé dès le lundi 10 au matin au sein de l’équipe DSF.

Céline
Assistante de coordination DSF

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Validation de la formation à Phnom Penh






Après deux ans de formation, neuf médecins cambodgiens vont passer l'examen final du diplôme interuniversitaire d'évaluation et de traitement de la douleur. Après huit séminaires de formation, sur l'évaluation de la douleur, les traitements des différentes douleurs et sur la prise en charge des soins palliatifs, ces médecins passent mardi l'examen de fin d'études qui comporte un oral et un écrit. Ce diplôme, organisé par Douleurs Sans Frontières, est réalisé en partenariat entre la faculté de médecine de Phnom Penh et l'université Diderot de Paris.
Le jury d'examen sera présidé par le Dr Alain Serrie, président de DSF.
Souhaitons bonne chance aux étudiants.
V. MOURMAN

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CAMBODGE Bilan 2006



Depuis l'origine, DOULEURS SANS FRONTIERES assure des formations dans le domaine de la prise en charge de la douleur. Ces formations ont déjà permis de constituer un premier noyau de médecins référents locaux (à la suite des sessions de remise à niveau, des stagiaires sont sélectionnés pour devenir à leur tour formateurs).

DOULEURS SANS FRONTIERES intervient au Cambodge autour de deux grands axes : les soins et la formation.

La formation assure la pérennité des actions concrètes.
Session sur la prise en charge de la douleur (60 participants). Deux sessions de remise à niveau
sur la prise en charge de la douleur (60 participants au total). Formation de formateurs (25 participants).

Les soins permettent une aide immédiate aux patients douloureux ou en fin de vie ainsi qu'un enseignement pratique des soignants.

Enfin DOULEURS SANS FRONTIERES apporte un soutien technique au Ministère de la Santé du Cambodge. En 2006, DOULEURS SANS FRONTIERES confirme sa volonté de décentraliser ses activités en province.

1. L E S S O I N S
HÔPITAL PREAH KÉT MEALEA - PHNOM PENH

Gestion d'une unité de soins palliatifs, la première de ce genre au Cambodge. D'une capacité de 30 lits, elle a accueilli 468 patients (dont 75 % sont séropositifs) : La prise en charge globale de ces patients comprend le traitement des maladies opportunistes, le traitement des
douleurs, la distribution de trois repas par jour et un accompagnement social du patient et de sa famille.
A la fin de l'année deux chambres ont été préparées pour recevoir des enfants.
Trois lits sont consacrés à l'hospitalisation de jour : 169 patients en ont bénéficié.
Une équipe mobile composée d'un infirmier et d'un médecin assure une activité importante de suivi des patients qui désirent rentrer à domicile en fin de vie ou qui nécessitent une évaluation régulière de leurs douleurs : cette équipe a effectué 1459 visites.
Une consultation spécialisée dans la prise en charge de douleurs rebelles est ouverte cinq après-midis par semaine : 5362 consultations sur l'année (en constante augmentation).

Financement : Fond Mondial jusqu'en août, puis Ambassade de France

HÔPITAL CALMETTE - PHNOM PENH
Gestion en partenariat avec le programme français ESTHER du service médecine B, service de médecine générale pour les indigents.

DOULEURS SANS FRONTIERES prend en charge tous les frais d'hospitalisation de 25 des
55 lits du service (466 patients pour l'année). Elle suit la prise en charge de la douleur pour l'intégralité des patients (1092 patients).
Consultations cinq après-midis par semaine, gratuites pour les indigents : augmentation de 300 % en 2006 : au total 1678 consultations assurées.

Financement : Ministère des Affaires Etrangères

HÔPITAL DE KAMPONG CHAM
Démarrage d'une activité de prise en charge de la douleur des patients hospitalisés dans le service de maladie infectieuse : 215 patients séropositifs soit 30 % des patients hospitalisés ont reçu un traitement antalgique.
Préparation (rénovation locaux et stages pratiques) d'une consultation de prise en charge de la douleur.

Financement : Fond Mondial et Ambassade de France

HÔPITAL DE TAKMAO
Préparation fin 2006 pour démarrage de l'activité en 2007 pour intervenir dans le traitement des douleurs des patients hospitalisés et en ambulatoire.

Financement : Ambassade de France et Fond Mondial

2. L E S F O R M A T I O N S

FORMATION DE PRISE EN CHARGE DE LA DOULEUR ET DES SOINS PALLIATIFS POUR MÉDECINS ET INFIRMIERS.

55 médecins et infirmiers - diplôme en septembre 2006. En octobre, la quatrième promotion, constituée de 51 personnes a débuté le programme. Celui-ci prendra fin au cours du premier semestre 2007.

Financement : Fond Mondial

FORMATION DE PRISE EN CHARGE DE LA DOULEUR ET DES SOINS PALLIATIFS POUR MÉDECINS ET INFIRMIERS PRENANT EN CHARGE DES ENFANTS
46 médecins et infirmiers - diplôme en septembre. En novembre, la seconde promotion, constituée de 33 personnes a débuté le programme. Celui-ci prendra fin au cours du premier semestre 2007.

Financement : Fond Mondial

FORMATION DE FORMATEURS
24 médecins et infirmiers ont suivi deux semaines de cours sur la pédagogie de l'enseignement. En 2006, sous la supervision de formateurs internationaux, ils ont commencé à enseigner au cours des différents modules. Leur formation qui comportera également un volet pratique au lit du malade devrait se terminer dans un an.

Financement : Fond Mondial

FORMATION DES PHARMACIENS

33 pharmaciens des hôpitaux ont suivi une formation d'une semaine sur la gestion des antalgiques et plus spécifiquement des morphiniques. A cette occasion le ministère de la santé du Cambodge a écrit un protocole de distribution de la morphine dans le pays.

Financement : Fond Mondial

CRÉATION D'UN DIPLÔME UNIVERSITAIRE SUR LA PRISE EN CHARGE DE LA DOULEUR ET DES SOINS PALLIATIFS
En collaboration avec l'université des Sciences de la Santé de Phnom Penh et l'université Paris VII : 10 médecins ont débuté cette formation constituée de 8 modules. Ils termineront ce programme mi-2007.

Financement : fonds propres

SÉMINAIRE NATIONAL SUR LA DOULEUR
Le 26 septembre 2006, DSF a organisé le premier séminaire sur la douleur au Cambodge. Il réunissait 154 participants dont 135 médecins et infirmiers qui ont reçu une formation de DOULEURS SANS FRONTIERES.

3. AIDE TECHNIQUE NATIONALE

En 2006, à la demande du Ministère de la santé du Cambodge, DOULEURS SANS FRONTIERES a poursuivi et finalisé la rédaction de recommandations nationales sur
la prise en charge de la douleur. Ces recommandations seront publiées et distribuées début 2007.

DOULEURS SANS FRONTIERES a également engagé fin 2006 un travail de rédaction des recommandations nationales de prise en charge de la douleur chez les enfants. Ce travail doit être finalisé au cours du premier semestre 2007.
Création des premières réglettes d'auto-évaluation de la douleur en khmer. Elles sont distribuées à tous les participants aux formations.

Enfin DOULEURS SANS FRONTIERES a écrit un livre sur la douleur à destination des enfants. Ce livre sera distribué en 2007 dans les écoles du pays ainsi que dans les services pédiatriques des hôpitaux et des ONG prenant en charge des enfants.

Libellés :

continuité dans les projets engagés



Douleurs Sans Frontières est implantée au Cambodge depuis 1996. Ses principaux programmes sont axés sur les soins et l'enseignement, avec une action de décentralisation de ses activités en province. 4 projets en cours.

• Prise en charge de la douleur en hospitalisation et en ambulatoire.
Formation continue décentralisée en province. Contrôle des symptômes des patients atteints par le VIH/SIDA (2006-2008) - hôpital Calmette à Phnom Penh et son réseau en province.
- Prise en charge de patients indigents douloureux atteints d'une maladie évolutive, hospitalisés et en ambulatoire (service de médecine B)
- Programme de formation pour les personnels médicaux et paramédicaux
- Décentralisation dans deux hôpitaux publics de référence
• Prise en charge de la douleur et des Soins Palliatifs
Hôpital Preah Két Meala à Phnom Penh
Gestion de l'unité de soins palliatifs de 30 lits, créée en 2003.
- Prise en charge globale des patients en hospitalisation et accompagnement en fin de vie
- Prise en charge palliative des enfants atteints du VIH/Sida,
- Suivi à domicile
- consultation douleur
-formation du personnel au lit du patient et organisation de stages pratiques

• Création d'une activité adulte-enfant de prise en charge de la douleur et rédaction de recommandations nationales sur la prise en charge de la douleur chez l'enfant.
Ce projet émane du Ministère de la Santé, du directeur de l'hôpital de Takmao et de pédiatres présents au séminaire organisé par DSF en août 2006. Il a débuté en décembre 2006 pour une durée de 2 ans.
- Prise en charge des douleurs et traitement des symptômes difficiles des
patients, adultes et enfants, hospitalisés à l'hôpital public de Takmao
- Consultations gratuites
- Apport d'antalgiques indispensables non disponibles à l'hôpital
- Formation d'une équipe référente douleur
- Stages pratiques,
- Rédaction de recommandations sur la prise en charge de la douleur chez l'enfant,
- Réalisation d'un site Internet dédié à l'ensemble des recommandations sur la prise en charge de la douleur au Cambodge,
- Réalisation et promotion d'outils pédagogiques

Programme de formation « Prise en charge de la douleur chez les patients atteints par le VIH au Cambodge » et extension des activités de soins en province (2005-2010)

- Formation théorique et clinique en traitement de la douleur et en soins palliatifs, adressée aux médecins et infirmiers : Formation adulte, formation pédiatrique, remises à niveau des anciennes promotions, formation de formateurs pour adultes et enfants, formation d'assistants sociaux - séminaire national sur la douleur une fois par an - décentralisation des actions de DSF dans plusieurs hôpitaux publics

- Décentralisation de ces formations en province. Formations sur la prise en charge de la douleur et les soins palliatifs. Formation de futurs formateurs. Mise en place d'un diplôme universitaire conjointement entre la faculté de médecine Paris VII et la faculté de médecine de Phnom Penh sur l'évaluation et le traitement de la douleur et qui complète le programme global de formation

- Publication prochaine de Recommandations nationales sur la prise en charge de la douleur chez l'adulte dans les hôpitaux de référence

• Création d'un centre de soins palliatifs à KAM PONG CHAM
L'ouverture d'une unité de soins palliatifs à l'hôpital de Kam Pong Cham s'inscrit dans la démarche de décentralisation de DOULEURS SANS FRONTIERES (importants travaux de rénovation, d'hygiène et de formation du personnel).

Financement : GLOBAL FUND 4

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