Douleur Soulagée...

DSF intervient depuis novembre 2007 au sein de l’Hôpital National Pédiatrique de Phnom Penh en soutenant les pédiatres, chirurgiens et infirmiers qui ont suivi les formations à la prise en charge de la douleur enseignées par DSF.
Plusieurs missions d’expatriés (pédiatre, anesthésiste, infirmière) ont eu lieu à la fin de l’année 2007 et depuis début janvier 2008, j’interviens en tant que pédiatre référente douleur pour aider le personnel formé par DSF à appliquer les principes de prise en charge de la douleur. Chaque matin je me rends dans 4 services, et nous voyons ensemble les enfants douloureux qui posent des difficultés de prise en charge. Nous revoyons la manière d’évaluer la douleur, les moyens de soulager les enfants, avec des protocoles de prise en charge adaptés aux conditions locales, à l’aide des médicaments fournis par DSF.
J’ai ainsi suivi pendant 3 semaines un adolescent de 14 ans hospitalisé dans le service de chirurgie pour une douleur abdominale intense, qui durait à la maison depuis 1 mois.
Il a été pris en charge dans la salle réservée aux cas les plus sévères. A son arrivée, il était très fatigué, amaigri, il ne s’alimentait plus et la douleur l’empêchait de dormir. Un traitement antibiotique a été mis en route dans l’hypothèse d’un abcès mais le diagnostic était incertain (abcès ou tumeur du foie ?). Il aurait fallu un scanner pour le préciser mais ses parents ne pouvaient le payer, ce qui augmentait leur angoisse. Le traitement antalgique débuté à son arrivée était du paracétamol.
Je l’ai vu le lendemain de son arrivée avec un des chirurgiens, l’adolescent décrivait une douleur maximum par rapport à tout ce qu’il pouvait imaginer. Malgré l’absence de diagnostic nous avons instauré un traitement antalgique plus puissant que ce qu’il avait reçu jusque là en rajoutant du Tramadol (palier 2, dérivé morphinique).
Nous avons suivi l’évolution de l’intensité de sa douleur grâce aux méthodes d’évaluations enseignées par DSF : dans ce service, 3 infirmiers sont formés et ils sont chargés d’évaluer la douleur des enfants avant les prises médicamenteuses. Un dossier spécifique à la prise en charge de la douleur a été ajouté à son dossier médical : les évaluations, les médicaments prescrits, les horaires de prises médicamenteuses y sont consignés…
Son état était vraiment préoccupant et difficile à prendre en charge. Nous l’avons revu quotidiennement, et après avoir démarré la prise en charge par du Tramadol en gouttes, nous avons du augmenter les doses jusqu’au maximum puis passer à la forme intraveineuse car sa douleur persistait, intense. Avec la forme intraveineuse il était soulagé quelques temps après l’injection mais la douleur revenait trop vite. Nous avons dû encore augmenter les doses, et ce temps de recherche d’un traitement correct a été l’occasion d’une formation pratique pour les chirurgiens du service.
Il a fallu plusieurs jours d’intensification du traitement antalgique pour le soulager de manière satisfaisante et malgré tout ce temps et l’incertitude du diagnostic, les parents nous ont témoigné dès le début beaucoup de reconnaissance. Je crois qu’ils étaient contents qu’on accorde de l’importance à la douleur de leur fils.
Quant au jeune garçon, il a très vite compris l’intérêt de nous aider à évaluer sa douleur grâce à la réglette d’EVA. Lorsqu’il a enfin été bien soulagé, il ne voulait plus s’en servir : « il n’a plus mal du tout, c’est tout » me traduisait l’interprète.
Heureusement la 3° échographie a posé le diagnostic d’abcès en voie de guérison, il a pu quitter la salle réservée aux cas les plus sévères et les antalgiques ont été progressivement arrêtés après 3 semaines de traitement.
La dernière semaine de son hospitalisation, en arrivant le matin je croisais sa mère à l’entrée du service qui me saluait à la khmer, les mains jointes…tout sourire, soulagée. J’ai revu cette mère une dernière fois peu avant son départ, elle s’est adressée en khmer à l’interprète qui m’accompagne : « elle vous remercie….pour la douleur… ».
Plusieurs missions d’expatriés (pédiatre, anesthésiste, infirmière) ont eu lieu à la fin de l’année 2007 et depuis début janvier 2008, j’interviens en tant que pédiatre référente douleur pour aider le personnel formé par DSF à appliquer les principes de prise en charge de la douleur. Chaque matin je me rends dans 4 services, et nous voyons ensemble les enfants douloureux qui posent des difficultés de prise en charge. Nous revoyons la manière d’évaluer la douleur, les moyens de soulager les enfants, avec des protocoles de prise en charge adaptés aux conditions locales, à l’aide des médicaments fournis par DSF.
J’ai ainsi suivi pendant 3 semaines un adolescent de 14 ans hospitalisé dans le service de chirurgie pour une douleur abdominale intense, qui durait à la maison depuis 1 mois.
Il a été pris en charge dans la salle réservée aux cas les plus sévères. A son arrivée, il était très fatigué, amaigri, il ne s’alimentait plus et la douleur l’empêchait de dormir. Un traitement antibiotique a été mis en route dans l’hypothèse d’un abcès mais le diagnostic était incertain (abcès ou tumeur du foie ?). Il aurait fallu un scanner pour le préciser mais ses parents ne pouvaient le payer, ce qui augmentait leur angoisse. Le traitement antalgique débuté à son arrivée était du paracétamol.
Je l’ai vu le lendemain de son arrivée avec un des chirurgiens, l’adolescent décrivait une douleur maximum par rapport à tout ce qu’il pouvait imaginer. Malgré l’absence de diagnostic nous avons instauré un traitement antalgique plus puissant que ce qu’il avait reçu jusque là en rajoutant du Tramadol (palier 2, dérivé morphinique).
Nous avons suivi l’évolution de l’intensité de sa douleur grâce aux méthodes d’évaluations enseignées par DSF : dans ce service, 3 infirmiers sont formés et ils sont chargés d’évaluer la douleur des enfants avant les prises médicamenteuses. Un dossier spécifique à la prise en charge de la douleur a été ajouté à son dossier médical : les évaluations, les médicaments prescrits, les horaires de prises médicamenteuses y sont consignés…
Son état était vraiment préoccupant et difficile à prendre en charge. Nous l’avons revu quotidiennement, et après avoir démarré la prise en charge par du Tramadol en gouttes, nous avons du augmenter les doses jusqu’au maximum puis passer à la forme intraveineuse car sa douleur persistait, intense. Avec la forme intraveineuse il était soulagé quelques temps après l’injection mais la douleur revenait trop vite. Nous avons dû encore augmenter les doses, et ce temps de recherche d’un traitement correct a été l’occasion d’une formation pratique pour les chirurgiens du service.
Il a fallu plusieurs jours d’intensification du traitement antalgique pour le soulager de manière satisfaisante et malgré tout ce temps et l’incertitude du diagnostic, les parents nous ont témoigné dès le début beaucoup de reconnaissance. Je crois qu’ils étaient contents qu’on accorde de l’importance à la douleur de leur fils.
Quant au jeune garçon, il a très vite compris l’intérêt de nous aider à évaluer sa douleur grâce à la réglette d’EVA. Lorsqu’il a enfin été bien soulagé, il ne voulait plus s’en servir : « il n’a plus mal du tout, c’est tout » me traduisait l’interprète.
Heureusement la 3° échographie a posé le diagnostic d’abcès en voie de guérison, il a pu quitter la salle réservée aux cas les plus sévères et les antalgiques ont été progressivement arrêtés après 3 semaines de traitement.
La dernière semaine de son hospitalisation, en arrivant le matin je croisais sa mère à l’entrée du service qui me saluait à la khmer, les mains jointes…tout sourire, soulagée. J’ai revu cette mère une dernière fois peu avant son départ, elle s’est adressée en khmer à l’interprète qui m’accompagne : « elle vous remercie….pour la douleur… ».
Gwënola RIDEAU
Pédiatre
Pédiatre
Libellés : 1.3-cambodge

