Douleurs Sans Frontières alerte l’opinion et provoque un vaste mouvement pour qu’un vote de résolution à l’Assemblée Générale des Nations Unies afin d’obtenir le droit pour les peuples, quelque soit leur condition et leur culture, à disposer des moyens propres à prendre en charge la douleur, la souffrance et les symptômes de fin de vie.
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1 - Généralités
La migraine pourrait provenir d’une activation de terminaisons nerveuses périvasculaires méningées, entraînant une libération de neuropeptides vasoactifs, et la transmission des influx nerveux vers les voies bulbo-thalamo-corticales via les fibres trigéminales. L’aura représenterait une perturbation focale du cortex ou du tronc cérébral associée à une dépolarisation envahissante cérébrale.
Prévalence : 17% chez la femme, 6% chez l’homme (sex ratio de 3,84) ; 10% chez l’enfant. La migraine avec aura surviendrait chez 10 à 15% des patients migraineux ; voire plus souvent chez l’enfant ou le sujet de plus de 45 ans.
2 - Diagnostic de migraine sans aura
Ce diagnostic impose la recherche de multiples arguments cliniques, dont aucun n’est spécifique ni constant :
Liste des diagnostics différentiels de migraine sans aura :
HTA paroxystique, sinusite chronique, troubles de l’accommodation ou du tonus oculaire, syndrome myofascial cranio-cervical +/- troubles de la statique rachidienne +/- pathologie des articulations temporo-mandibulaires ; pathologie cérébrale tumorale, vasculaire, inflammatoire +/- hypertension intracranienne ; syndrome méningé ; céphalées tensives associées à un syndrome anxio-dépressif masqué ou non ; intoxication au CO ; céphalées toxiques iatrogènes ou non, “migraines” induites par une surconsommation d’antalgiques ; syndrome subjectif des traumatisés crâniens ; plus rarement céphalées épisodiques comme l’algie vasculaire de la face, l’hémicranie paroxystique chronique ; névralgies faciales...
3 - Diagnostic de migraine avec aura
4 - Etape thérapeutique
Avant tout, il faut comprendre la demande réelle du patient face au médecin, rassurer le patient, l’impliquer dans la démarche thérapeutique et dans l’évaluation de la migraine, supprimer les facteurs favorisants de la migraine, traiter les facteurs annexes (syndrome dépressif, syndrome myofascial...), veiller à éviter la survenue de céphalées par abus d’antalgiques.
En dehors, de l’utilisation des petits moyens, on utilisera en première intention, sur des migraines modérées, unantimigraineux non spécifique (antalgique de niveau I/ anti-inflammatoire non stéroïdien : AINS). En cas d’échec et/ou de formes plus sévères, choisir un antimigraineux spécifique s’impose (triptan/dérivé de l’ergot de seigle). On pourra s’aider demédicaments adjuvants comme la caféine, les anxiolytiques et les antiémétiques.
Chez la femme enceinte, on utilisera si nécessaire le paracétamol 1 g per os ou proparacétamol IV 2 g , voire les AINS en dehors de la conception et du troisième trimestre. Le traitement del’état de mal migraineux repose sur le sevrage en certaines médications, et sur l’utilisation de formes injectables d’antidépresseurs tricycliques de type amitryptiline, de DHE, de corticostéroïdes, de chlorpromazine, associée à des antiémétiques et des anxiolytiques.
Leur introduction repose sur des indications précises (fréquence des crises >3/4 mois ; intensité forte ; mauvaise réponse, mauvaise tolérance ou surconsommation des traitements de crise ; retentissement socio-professionnel, familial, affectif). But : diminuer la fréquence et l’intensité des crises et non guérir la migraine. Choix du traitement : dicté par la sévérité de la migraine, l’efficacité des thérapeutiques antérieures, les éventuelles contre-indications et interactions médicamenteuses, et les craintes du patient concernant les effets secondaires possibles du traitement. Augmentation desdoses : toujours progressive ; efficacité thérapeutique jugée qu’après 2 à 3 mois de traitement. Enfin, les traitements doivent être prescrits au moins 6 à 10 mois. Chez l’enfant et la femme enceinte, on privilégiera les moyens non médicamenteux (intérêt de la relaxation). Des approches plus globales de l’individu migraineux peuvent enfin être utilisées (homéopathie, acupuncture, mésothérapie).
Traitements de crise |
Nom de spécialité |
Posologies habituelles |
Remarques |
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Antalgiques de niveau I Aspirine Acétyl salicylate de lysine 900 mg +métoclopramide 10 mg |
Aspégic®
Migpriv® |
1 g PO ou 1 g IV
1 sachet |
CI des AINS ; effet antiagrégant Intérêt des prises précoces
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AINS Naproxène Kétoprofène |
Apranax ® Biprofénid ® |
750 mg PO ou rectal +/-répété 100-200 mg IV |
CI des AINS Intérêt des prises précoces Attention si stérilet ? |
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Triptans Zolmitriptan
Naratriptan
Rizatriptan (commercialisé fin 99) Sumatriptan |
Zomig® Naramig®
Maxalt ®
Imigrane® |
1 cp à 2,5 mg +/-répété après 2 h 1 cp à 2,5 mg +/-répété après 4 h 1 cp à 10 mg+/- répété après 2 h 1 amp SC à 6 mg |
Puissant effet vasoconstricteur ; A prendre seulement sur céphalées installées Seconde prise inutile si première totalement inefficace |
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Dérivés de l’ergot de seigle Dihydroergotamine
Tartrate d’ergotamine+caféine |
Diergo® spray
Migwell® |
2 pulvérisations nasales +/- répétées après 20min 2 mg +/- répété |
Risque d’ergotisme (garder une dose < 3 à 4 mg/j et 10 mg /semaine) |
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Traitements de fond
Dérivés de l’ergot de seigle Dihydroergotamine |
Nom de spécialité
Tamik® |
Posologies habituelles
2 cp/j |
Remarques
A réserver au sujet jeune, hypotendu, avec migraine peu sévère |
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Béta-bloquants Aténolol |
Ténormine® |
50 à 100 mg/j |
Asthénie, mauvaise tolérance des efforts physiques, voire impuissance, ergotisme avec les dérivés de l’ergot de seigle |
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Anti-sérotoninergiques (par ordre d’efficacité) Oxétorone Pizotifène Méthysergide
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Nocertone® Sanmigran® Désernil® |
2 à 3 cp/j 2 à 3 cp/j 2 à 3 cp/j avec fenêtre thérapeutiques de 1 mois tous les 6 mois (VS ; fonction rénale) |
Somnolence Somnolence et surpoids Troubles digestifs, fibrose rétropéritonéale Ne pas associer aux triptans |
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Inhibiteur calcique Flunarizine |
Sibélium® |
1 cp/j si adulte ; _ cp/j si enfant moins de 6 mois |
Rares syndromes extra-pyramidaux, dépressifs et somnolence |
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Antiépileptique Valproate de sodium |
Dépakine ® chrono |
1 à 2 cp/j |
Tremblements, nausées, prise de poids, toxicité hépatique |
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Autres Indoramine
Amitriptyline
AINS.comme Naproxène A part, les oestrogènes |
Vidora®
Laroxyl ®
Apranax ® Oestrogel ®
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2 cp/j
< 50 mg/j
550 mg/j 1 dose de 2,5 mg/j 2 j avant + pendant les règles |
Somnolence et sécheresse buccale Effets secondaires des tricycliques ; indication dans les céphalées tensives surajoutées Troubles digestifsau long cours A réserver aux migraines cataméniales pures |
Les douleurs neurogènes en pratique
Christelle CREAC’H, Patrick HENRY (Bordeaux)
1 - Démarche diagnostique
Douleurs secondaires à une atteinte neurologique : fulgurantes ou continues, à type de brûlure, de broiement, de torsion, situées dans le territoire nerveux atteint. Spontanées ou déclenchées par des facteurs émotionnels, physiques, voire sensoriels dans les syndromes causalgiques. Association fréquente : paresthésies, dysesthésies, sensations de lourdeur, voire clonies. Examen clinique : recherche la coexistence d’une allodynie (perception douloureuse d’un stimulus normalement non nociceptif), d’une hyperalgie (perception anormalement douloureuse d’un stimulus nociceptif), d’une hypoesthésie ou d’une hyperesthésie tactile et/ou thermoalgique dans le territoire d’aval du nerf atteint. Il peut aussi déceler des signes de névromes, des troubles sympathiques réflexes (troubles trophiques, hypersudation, modifications thermiques). La notion de dommages corporels par un tiers (iatrogénie, accident de travail, ou accident de la voie publique) sera toujours à rechercher, de même que le retentissement global des douleurs sur l’individu.
Des tests sensoriels subjectifs quantitatifs pourront préciser l’examen clinique précédent. Il n’existe aucun examen de routine, permettant d’affirmer ou d’infirmer l’intégrité des fibres de petit calibre (= fibres nociceptives). L’électromyogramme et les potentiels évoqués sensitifs, n’explorent que les fibres sensitives de gros calibre (= fibres non nociceptives), et peuvent de ce fait uniquement confirmer une désafférentation, préciser le niveau lésionnel et les arguments pronostics.
2 - Prise en charge thérapeutique (Tableau I)
Les traitements utilisés sont le plus souvent uniquement symptomatiques, plus actif sur les douleurs que sur les composantes paresthésiques.
Posologie de départ : 10 à 20 mg/24h, voie orale est préférée. Posologie augmentée de 5 à 10 mg par palier de 3 à 4 jours.
Contre-indications : glaucome à angle fermé, œdème de prostate, troubles de la conduction. Patient prévenu des effets indésirables : bouche sèche, constipation, prise de poids, baisse de la libido, confusion chez le sujet âgé.
Posologie de départ du Rivotril : 5 à 10 gouttes le soir, augmentée si nécessaire de 5 gouttes tous les 3 à 4 jours. Posologie du Tégrétol® : au début 400 mg pour obtenir 800 à 1200 mg/j. Paliers d’augmentation : 100 mg tous les 2 jours. Quant au Neurontin®, posologies : 1200 mg/24 h à atteindre par paliers successifs (600 mg le 1er jour avec des paliers de 300 mg/j).
Ces deux classes restent les plus utilisés, bien que n’ayant fait l’objet que de très peu d’études randomisées, surtout pour ceux de dernière génération. L’attitude qui consiste à choisir des antidépresseurs en cas de douleurs permanentes et des antiépileptiques en cas de douleurs paroxystiques n’est pas justifiée ; il est d’ailleurs possible de les associer en cas d’échec des monothérapies. En pratique, ce choix est surtout dicté par le terrain (respect des contre-indications et des interactions médicamenteuses, participation psychogène). Rappelons que les antalgiques usuels y compris les morphiniques sont généralement inefficaces sur les douleurs neurogènes.
aux traitements médicamenteux, localisées dans un territoire limité à une racine ou un tronc nerveux accessible à une stimulation superficielle, en l’absence d’anesthésie ou d’allodynie majeure (risques respectifs d’inefficacité et de potentialisation des douleurs).
Mode conventionnel : 100 Hz seuil sensitif et/ou mode endomorphinique 3 à 5 Hz seuil moteur.
Contre indications : stimulateur cardiaque, dermatose. En cas d’effet insuffisant, voire en cas de douleurs post-amputation, on peut avoir recours à la neurostimulation médullaire.
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Traitement |
Nom de spécialité |
Posologies |
Remarques |
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Antiépileptiques (AE) Carbamazépine
Valproate de sodium
Phénytoïne
Clonazépam
Gabapentine |
Tégrétol® cp à 200 mg LP 200 et 400mg sus. Buv. 100mg/mes. Dépakine chrono® cp à 200 et 500 mg sirop 200mg/mes.
Dihydan® Rivotril® cp à 2 mg gttes0,25% (1cp=20gttes) Neurontin ®
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300 à 1 200 mg/j en 3 fois
1 000 à 1 500 mg/j
300 mg/j 1,5 à 6 mg/j
1 200 à 3 600 mg/j
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Proscrire toute majoration rapide des doses.
Risques hépatiques
Effets IIaires multiples Risque de somnolence
Risque de somnolence |
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A. tricycliques Clomipramine
Amitriptyline |
Anafranil® cp de 10, 25, 75 mg amp 25mg/2ml
Laroxyl® cp de 25 mg, 50 mg amp de 50 mg/2ml gtte à 4% |
50 à 150 mg PO ou IV
40 à 75 mg/j PO ou IV |
Effets anticholinergiques
Action + anxiolytique |
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