Douleurs Sans Frontières alerte l’opinion et provoque un vaste mouvement pour qu’un vote de résolution à l’Assemblée Générale des Nations Unies afin d’obtenir le droit pour les peuples, quelque soit leur condition et leur culture, à disposer des moyens propres à prendre en charge la douleur, la souffrance et les symptômes de fin de vie.
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Une définition de la douleur doit prendre en compte les douleurs générées par des facteurs périphériques, centraux ou psychologiques; les douleurs aiguës ou chroniques; les douleurs par excès de nociception et les douleurs survenant après lésion du système nerveux; les douleurs entraînées par des stimuli non-nociceptifs; les douleurs survenant à distance de la lésion causale alors même que celle-ci est guérie mais aussi la douleur expérimentale chez l'animal.
Plusieurs définitions ont été proposées :
"La douleur est une expérience sensorielle provoquée par des stimuli qui lèsent les tissus ou menacent de les détruire, expérience définie introspectivement par chacun comme ce qui fait mal." Mountcastle 1980.
"La douleur est une sensation personnelle et intime de mal, un stimulus nociceptif qui signale une lésion tissulaire actuelle ou imminente un schéma de réactions destiné à préserver l'organisme du mal." Sternbach 1968.
Ces essais de définition ne prennent pas en compte les douleurs organiques qui ne sont pas secondaires à une lésion tissulaire. C'est le cas, par exemple, de la douleur de colique néphrétique qui est considérée comme une des douleurs aiguës les plus intenses. Dans cette pathologie, la douleur est en rapport avec une dilatation, une distension de l'uretère en amont de la lithiase. De même, une douleur intolérable peut être causée par le frôlement d'un morceau de coton sur la peau : c’est l'allodynie qui est vraisemblablement due à une perte de l'effet inhibiteur, à un phénomène de sommation dû à l'absence d'inhibition des afférences amyéliniques, à une diminution du seuil des nocicepteurs ce qui permet aux axones myélinisés non-nociceptifs de stimuler les neurones convergents de la corne dorsale de la moelle épinière. Ces stimulations habituellement perçues comme non-nociceptives vont entraîner une sensation douloureuse. Associer "douleur et lésion" ou "douleur et stimulus" ne permet pas d'expliquer l'ensemble des manifestations douloureuses. On le comprend d'autant mieux, si on se réfère aux affections psychologiques génératrices de douleur qui par définition ne rentrent pas dans le cadre des douleurs somatiques ou organiques.
La définition qui a été adoptée par le comité de taxonomie de l'Association Internationale de l'Etude de la Douleur (IASP) a été proposée par Merskey (1979)
" La douleur est une expérience sensorielle et émotionnelle désagréable liée à une lésion tissulaire existante ou potentielle ou décrite en termes d'une telle lésion."
Cette définition paraît être la plus satisfaisante, elle intègre la dimension affective et émotionnelle à la dimension sensorielle. Elle rend compte de l'ensemble des mécanismes générateurs qui peuvent être d'origine physique ou psychologique.
On distingue :
La douleur aigue : douleur signal d'alarme (Tableau)
Principale caractéristique : place qu'elle occupe dans le temps (récente, transitoire, disparait rapidement). En général ressentie comme intense, secondaire dans la grande majorité des cas à l'activation du système de transmission du message douloureux., elle est provoquée par des agressions (brûlure, piqûre, pincements). Elle persiste jusqu'à la fin du processus de cicatrisation. Un traitement étiologique va, en général, la faire disparaître.
Signal d'alarme, elle participe au diagnostic. Témoin de la présence d'une lésion, elle amène le patient à consulter. Lorsque elle se prolonge et qu'elle n'est pas rapidement traitée, elle perd sa fonction utile et devient préjudiciable, elle donne naissance à une douleur chronique.
La douleur chronique : la douleur maladie (tableau)
Symptomatique d'une maladie évolutive ou séquelles (traumatique, chirurgical ou maladie guérie), elle induit des retentissements (physique, psychologique) : véritable syndrome douloureux chronique évoluant pour son propre compte. Elle n'a plus aucune fonction, ni objectif biologique : elle devient "maladie", conditionne la vie de l'individu, envahit l’univers affectif, retentit sur le vécu quotidien avec des répercussions (sociales, professionnelles, familiales). Elle mobilise la totalité des structures nerveuses et devient la préoccupation dominante. Une douleur devient chronique lorsqu'elle dure au-delà de 3 à 6 mois.
Tableau : Douleur aiguë - Douleur chronique
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douleur aiguë |
douleur chronique |
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Signal d’alarme : utile, protectrice, participe au diagnostic |
Douleur maladie : inutile, pas de fonction, ni objectif biologique |
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Mécanisme générateur |
Unifactoriel |
Plurifactoriel |
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Aspects évolutifs |
Transitoire |
Permanente,récurrente,répétitive |
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Réactions végétatives |
Tachycardie, polypnée, mydriase, sueurs |
Entretien : cercle vicieux |
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Retentissement psychologique |
Anxiété |
Dépression |
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Objectif thérapeutique |
Curatif |
Pluridimensionnel (somato-psycho-social) |
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