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Arretons la douleur

Douleurs Sans Frontières alerte l’opinion et provoque un vaste mouvement pour qu’un vote de résolution à l’Assemblée Générale des Nations Unies afin d’obtenir le droit pour les peuples, quelque soit leur condition et leur culture, à disposer des moyens propres à prendre en charge la douleur, la souffrance et les symptômes de fin de vie.

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Brûlures

Les douleurs dans les brûlures peuvent être variables en fonction de la profondeur de l’atteinte et de la phase évolutive de la brûlure.

  1. Deux notions sont capitales et vont conditionner le choix des traitements antalgiques :

Les brûlures du premier (érythème) et du deuxième degré superficiel (phlyctène rouge) peuvent être très algiques, souvent l’examen clinique retrouve une zone d’hyperalgésique dépassant la zone brûlée. Par contre les brûlures du deuxième degré profond (Phlyctène) peuvent être moins algique alors que les brûlures du troisième degré (aspect blanc cartonné) ne sont pas douloureuses car les fibres nociceptives myélinisées ou fortement myélinisées sont détruites.

  1. De même, le stade de nécrose est moins algique que le stade de bourgeonnement ou de cicatrisation, épidermisation.

 

Règle des 9 : évaluation de la surface brûlée

 

Tête

Tronc

Membres supérieurs

Membres inférieurs

Organes génitaux externes

9 %

18 % x 2

9 % x 2

18 % x 2

1 %

9 %

36 %

18 %

36 %

1 %

 

Total

 

100 %

 

Brûlures graves > 10 % de la surface corporelle chez l’enfant et 30 % chez l’adulte.

 

Echelle colorimétrique : douleur-profondeur

 

1er degré

érythème

Très douloureux

Guérison spontanée

Pas de séquelle

2 éme degré

superficiel

Phlyctène rouge

Très douloureux

Pas d’atteinte de la membrane basale

Cicatrisation en 2 semaines

Pas de séquelle

2 éme degré

profond

Zones rouge et blanche

Douloureux au contact

Cicatrisation possible en 3 semaines

3éme degré

Blanc cartonné

Non douloureux

Pas de cicatrisation spontanée possible

 

 

Traitements :

 

Phase initiale :

Lésions profondes : topiques en couches épaisses (sulfadiazine argentique) tous les jours ou tous les deux jours

Lésions superficielles : hydrocolloïdes

Lésions 1er degré : crèmes hydratantes

Une brûlure qui ne cicatrise pas en 3 semaines doit être greffée.

Traitement de la douleur : morphine, fentanyl, kétamine, anxiolythiques. Les antalgiques sont à prescrire en fonction de l’intensité de la douleur. Si l’intensité mesurée sur une échelle visuelle analogique (EVA) est entre 1 et 3 des antalgiques périphériques seront utilisés, si l’intensité se situe entre 3 et 6 les antalgiques de niveau II de l’OMS sont à proposer, si l’intensité est supérieure à 6 les opioïdes seront prescrits.

Durant cette phase, il est indispensable de débuter une prise en charge psychologique qui devra faire admettre, en cas de brûlure grave les changements physiques ou le handicap.

 

Phase aiguë :

C’est la phase des pansements, des greffes et des dermes artificiels. Le but étant de recouvrir les pertes de substance cutanées. Les anesthésies générales peuvent être proposées, la kétamine permet dans la plupart des cas les pansements et greffes. L’utilisation du mélange gazeux équimolaire Oxygéne-protoxyde d’azote est un médicament de choix dans cette pathologie. Il ne nécessite pas la présence d’un médecin anesthésiste, un personnel formé à son utilisation est indispensable.

 

Phase de rééducation :

Les douleurs sont dues à des cicatrices hypertrophiques ou chéloïdes, elles peuvent survenir lorsque les rétractions limitent la mobilisation des articulations.

Immobilisation par attelles.  Chez l’enfant, il est nécessaire de prévenir les rétractions et les ankyloses en tenant compte de la croissance (orthèses et prothèses à adapter en fonction de l’âge).

Presso thérapie : plaques de compression en polyuréthane ou en plastique sur ou sous les vêtements compressifs.

En cas de chéloïdes, des infiltrations de cortisone peuvent être utiles.

 

La rééducation peut être arrêtée en cas de douleur intense.

DSF image copyright © Douleurs Sans Frontières